J’ai bien évidemment des opinions et des sentiments personnels mais je suis profondément démocrate et mon souci premier, lorsque je fais des propositions, est toujours de tenter de respecter la plus stricte neutralité. C’est ce que j’avais fait avec le REC, je vais tenter de le faire avec le CPE.
La crise politique actuelle résulte essentiellement d’une erreur politique : l’utilisation du 49.3 par un gouvernement très largement majoritaire a été interpretée, à juste titre, comme une forme d’autoritarisme. Ce n’était pas nécessaire et même très déconseillé dans l’état de la société française. Allons-nous de nouveau prendre le risque d’émeutes et d’un couvre-feu ? Je propose une solution qui saura, je l’espère en tout cas, rassembler toutes les orientations et qui permettra de sortir de cette impasse.
Le CPE est, d’après le gouvernement Villepin, une mesure destinée à lutter contre la précarité existante et non à l’aggraver. Le constat de précarité des jeunes ne peut être ignoré, que l’on soit de gauche, de droite, centriste ou comme moi simple citoyen. Mais alors, prenons en considération la dimension sociale que pourrait prendre une telle mesure. Le Parti Socialiste ne s’était pas opposé au CNE, le MEDEF non plus et aujourd’hui celui-ci soutient le CPE. La limite d’âge ne restreignant pas le CNE, elle ne saurait donc constituer la motivation principale d’un tel soutien au CPE. Il semble donc logique que cette motivation soit d’étendre le principe de la période d’essai de deux ans aux grosses structures.
- Les zones gégraphiques où les situations de précarité, le chômage et la pauvreté sont les plus flagrantes sont connues : il s’agit des zones urbaines sensibles, les ZUS.
- Ce sont aussi les jeunes de ces zones qui ont le plus besoin de garanties et qui en ont le moins : discriminations diverses, manque de garanties financières, etc.
- Le CPE, toujours d’après le gouvernement Villepin, ajoute de nouvelles garanties aux contrats existants : bancaire, logement et autres.
- Les employeurs potentiels de ces zones sont aussi de grandes entreprises : les enseignes de la grande distribution, par exemple.
- Les jeunes de ces zones sensibles seraient les plus concernés par ce type de contrat puisqu’ils sont aussi les moins qualifiés.
En vertu de tous ces éléments, je propose que l’on retire le CPE mais que l’on étende exceptionnellement le CNE aux entreprises de plus de vingt salariés, ceci uniquement dans le cas des zones au plus fort taux de chômage des jeunes. Cet aménagement serait évalué sur une période de trois ans et l’on pourrait alors en tirer des enseignements remarquables parce que :
- Ce sont dans ces zones que les taux de chômage sont les plus élevés et une amélioration significative de la situation ne souffrirait d’aucune contestation.
- Cette période de trois ans permettrait de voir si le CNE accompagne vraiment les demandeurs d’emploi vers des CDI ou pas.
D’autre part cela aurait le mérite de ne pas se réveler une mesure discriminante par restriction d’âge.



