La politique pour l’emploi menée par le gouvernement Villepin devrait, selon le Premier Ministre, être menée sur tous les fronts. Dans les faits, qu’en est-il ?
Je suis chômeur depuis juillet 2004, bien qu’ayant effectué un CDD de deux mois en juillet et août 2005 pour la même entreprise qui m’avait employé en 2003-2004. Je n’ai jamais été rayé des listes de demandeurs d’emploi et continue à “pointer” toutes les fins de mois. Par contre, je ne bénéficie d’aucune prise en charge personnalisée comme le clame si fièrement notre gouvernement. La raison la plus probable est que je ne suis pas indemnisé. Effectivement, mes droits se sont terminés en mars. Ayant la “chance” de vivre avec une compagne, je ne bénéficie non plus d’aucune allocation, ni ASS ni RMI. Je suis donc un chômeur de longue durée qui ne rentre dans aucune politique de lutte contre le chômage… Combien dans mon cas ?
Revenons à ma compagne pour corroborer ce constat. Sa petite entreprise cherche à embaucher un ouvrier supplémentaire et pour ce faire s’est adressée à l’ANPE. Les candidats se présentent et leur réflexion sur le choix du futur embauché est en cours. La conseillère ANPE vient aux nouvelles, jusque là rien d’étonnant. Sauf lorsque l’entretien ne vise plus l’embauche effective mais vise à reprocher à ma compagne de ne pas avoir noté tous les noms de ceux qui ont répondu et en l’occurrence s’ils l’avaient fait positivement ou négativement. C’est alors que ma compagne a conclu la conversation en renvoyant la conseillère faire son travail au lieu de lui demander de le faire à sa place. C’est vrai que ça pourrait s’assimiler quasiment à de la délation… Non ?
Si l’on récapitule on a donc certains chômeurs qui, non indemnisés, n’intéressent personne et une ANPE qui demande aux employeurs qui ont fait appel à elle de relever les noms de tous ceux qui répondent afin de déterminer parmi ceux qu’elle aurait recommandé qui l’a fait ou pas… En ayant à l’esprit que des sanctions pour refus ont été mises en place la démarche est plus qu’explicite.
À titre personnel il est vrai que, n’étant ni indemnisé ni allocataire, je ne suis pas sanctionnable…
Alors la bonne question est bien la suivante : lutte contre le chômage, contre son indemnisation ou contre les chômeurs ?



