Cet article se voulait un commentaire en réponse à un article d’Alain de Vulpian du Club des Vigilants, dont je suis aussi membre. Ayant la fâcheuse manie de ne pas savoir faire court et ne voulant pas monopoliser leur espace, je le publie ici en souhaitant que mes collègues du Club ne le prennent pas comme une volonté de détourner le débat, étant donné que je l’envoie aussi en trackback.
La France n’est pas seulement malade de sa gouvernance mais de l’intégralité de son système de “citoyenneté”.
Il y a non seulement un malaise politique, bien que l’on puisse aussi constater ce dernier dans d’autres pays européens mais, et c’est bien plus grave, plusieurs malaises qui s’alimentent les uns les autres. Les seuls domaines où la France se porte bien, contrairement à ce que l’on peut lire ici et là, sont les domaines financier et de la “grande économie”. La France est très attractive pour les étrangers (y compris nos voisins anglais), tant pour les simples ressortissants que pour les capitaux. Et c’est en partie justement cette attractivité qui a contribué aux différents malaises et continue de le faire parce que, pour maintenir cette attractivité par rapport aux nations émergentes, il a fallu amputer des champs entiers de la protection sociale qui caractérisait la société française.
Ces malaises sont différents selon les domaines de la vie quotidienne sur lesquels ils posent leurs chapes de plomb et l’ensemble donne un résultat qui s’apparente à ce que certains appellent, bien que je ne partage pas cet avis, un déclin. Certains dirigeants politiques se servent de ce sentiment de déclin pour alimenter leur électorat qui se complaît dans l’auto-flagellation. Ce sont essentiellement des insatisfaits chroniques et les politiciens qui tirent cet électorat s’érigent comme seuls à même de les sortir de cette situation. De l’autre coté, il y a des “angélistes” qui sont incapables de voir à quel point les Français vont mal, à quel point le taux de chômage est plus élevé que les statistiques et à quel point la pauvreté augmente dans notre pays. Les deux attitudes sont aussi dangereuses l’une que l’autre et c’est ce qui explique l’alternance perpétuelle des scrutins français. En ce sens, en effet, les clivages droite-gauche sont dépassés. On peut donc considérer que le seul clivage permettant de situer aujourd’hui les grandes forces politiques c’est celui du “tout va bien-tout va mal”. On s’aperçoit alors aisément que ces clivages ont cours en interne même des partis et ne reflètent plus du tout les traditionnelles postures de majorité et d’opposition. On peut aussi noter que le seul grand parti à ne pas y succomber est l’UDF, que l’on qualifie de centriste mais qui apparaît aujourd’hui, à mon sens, comme le plus lucide dans les analyses. Probablement parce que les jeux d’appareil y sont moins à l’œuvre qu’ailleurs, sa structure y incitant moins. On ne peut cependant attribuer à la seule politique tous les malaises de notre société. Il convient alors de tenir compte des différents aspects de notre vie quotidienne et de leur gestion.



