Nicolas SARKOZY : glissement sémantique contrôlé

Ce texte a été écrit le 4 avril 2005. Michel Moine ayant abordé ce sujet en constatant qu’il est aujourd’hui repris comme leitmotiv confirme que c’est bel et bien devenu partie intégrante du modèle de société que propose l’UMP actuellement.

Nicolas Sarkozy, dans sa prestation télévisuelle à « 100 minutes pour convaincre » sur France 2 se fait le chantre de l’équité, « plus » que de l’égalité selon lui. Ce glissement sémantique n’est pas innocent. L’égalité juridique est sur tous les frontons de notre République : « Liberté, égalité, fraternité ». Ainsi nous sommes tous libres, donc égaux et fraternels. Les trois sont intimement liés, l’égalité garantit à tous le même droit à la liberté. On ne peut être « plus ou moins libre » que son voisin puisque son égal. Et cette liberté, cette égalité doivent s’appliquer dans la solidarité réciproque, nous sommes tous « frères » puisque fraternels.

Revenons maintenant à ce savant glissement sémantique : qu’est-ce que l’équité selon Nicolas Sarkozy et en quoi s’oppose-t-elle à notre « Egalité » républicaine ?
Le petit Larousse donne pour définition première de l’équité « vertu de celui qui possède un sens naturel de la justice, respecte les droits de chacun ». Nul doute qu’un avocat de son talent soit impartial…

La deuxième définition par contre est autrement plus intéressante et c’est là que le bât blesse : « justice naturelle ou morale, considérée indépendamment du droit en vigueur ». Ainsi l’équité de M. Sarkozy est un concept indépendant du droit en vigueur, donc de l’égalité.
Selon les beaux principes qui animent nos débats politiques nationaux dans la majorité, il faudrait être équitable. Cela signifie, toujours selon ces beaux principes, que le « méritant » doit être mieux servi que le « moins méritant ». Rien de choquant, apparemment… Sauf si ce mérite s’applique en dehors du droit en vigueur. Qui décidera alors qui est méritant ou pas ? Qui pourra se prévaloir d’être suffisamment « naturellement ou moralement juste » pour juger de l’équité nécessaire ? L’équité est bel et bien un principe discriminant puisque par l’équité nous perdrions tous notre égalité. L’équité et l’égalité ne peuvent s’additionner, c’est soit l’une soit l’autre.

Les Français d’en bas connaissent tous la fraternité de Nicolas Sarkozy, il l’a démontrée en changeant totalement de ton selon le type d’interlocuteur. On ne s’adresse pas à M. Mazerolle comme aux Français d’en bas chez les Sarkozy. Preuve par l’émission si ça n’avait déjà été fait politiquement.
Nous connaissions aussi déjà son goût pour la discrimination positive qui elle aussi bafouerait l’égalité. En effet le « non-discriminé » positivement se retrouverait automatiquement discriminé négativement puisque n’ayant pas accès aux mêmes chances. L’offensive est cette fois plus grave. C’est une attaque en règle contre le droit républicain à l’Egalité, une de plus. La prochaine se fera-t-elle contre la Liberté ?
Parce que l’Equité serait le contrôle reconnu et voulu des inégalités… CQFD.

Publié par José
Djiddy Pibbee a dit • (0) Commentaires • (0) TrackbacksPermalien



Nom :

Email :

Ville :

URL :

Smileys

Se souvenir de moi

Me notifier des prochains commentaires ?


Retour à l'accueil

Contacter l'auteur

Membres

Se connecter

Liste des membres

Catégories

Archives mensuelles

Articles récents

Syndication

Crédits

Motorisé par ExpressionEngine

Graphisme par Moxie Design Studios

Adaptation et traduction par José