À croire que la capacité de mensonge représente un critère d’embauche à l’UMP. Union des Menteurs Patentés ?
Le jugement d’appel concernant la diffamation à laquelle s’est livré Manuel Aeschlimann sur Mayetic, entre autres, a été repoussé deux fois pour atteindre aujourd’hui la date du 25 octobre. Je n’emploie pas le conditionnel car le premier jugement a bien condamné le député-maire d’Asnières, l’appel étant suspensif mais n’annulant pas la condamnation. Rappelons que sa municipalité a déjà été condamnée quatre fois dans cette sombre histoire d’opposition municipale, une opposition qui ne revêt d’ailleurs aucun caractère politique mais tout simplement citoyen. Une simple histoire d’urbanisation… Il fut un temps où ce genre de manœuvres était destiné à museler une opposition politique un peu trop virulente mais à Asnières il semble que ce soit devenu (évidemment aux frais des habitants) une pression sur leur parole. Si nous résumons nous avons donc une autorité en place qui n’hésite pas à utiliser le pouvoir qu’elle détient pour attaquer à tout bout de champ les importuns et donc tenter de faire taire, du moins provisoirement, tous ceux qui auront essayé d’exprimer leurs désaccords sur la politique suivie. Si l’on tient compte de la non-égalité devant la Justice entre de simples citoyens et une municipalité disposant d’un budget qu’elle peut utiliser voire augmenter à sa guise, on ne peut que constater l’inégalité devant la Loi.
Si ce n’est pas une forme d’autoritarisme, je ne sais plus ce qu’est la démocratie en ce cas. Tous les régimes totalitaires ont commencé ainsi lorsqu’ils ne l’ont pas fait par les armes.
Ce genre de dérives est souvent accompagné de mensonges pour s’en justifier. Ainsi dans un communiqué récent face à la fronde montante de simples blogueurs Manuel Aeschlimann déclarait très officiellement qu’il déposerait plainte contre Bruno de Beauregard et Miguel Membrado. Mais les blogueurs solidaires de ces derniers ont décidé de ne pas enterrer l’affaire Mayetic car ils ont estimé que cela relevait d’une grave atteinte aux libertés fondamentales et nuisait à la société à laquelle eux sont attachés. Le communiqué datait du 8 février mais il n’en a rien été, aucune plainte n’a jamais été déposée. Mensonge.
Début avril Manuel Aeschlimann faisait savoir à Lionel Lindemann, le blogueur alerté par mes soins sur cette affaire, qu’il s’expliquerait sur toutes les sombres histoires de sa municipalité sur le blog personnel qu’il ouvrira deux jours plus tard. Aujourd’hui, une semaine plus tard, il n’en a rien été non plus. Mensonge. (MAJ : ce fait était un poisson d’avril monté par Lionel lui-même. Toutefois cela n’enlève strictement rien à tout le reste de cet article)
A-t-il été “recadré” par l’UMP qui y aurait vu un grave danger pour son image au vu de la crise sociale et politique que nous traversons ? Il n’y aurait rien d’étonnant. Il faut dire que la caste politique, si elle n’est pas avare de menteurs en général, est particulièrement bien achalandée à l’UMP.
Manuel Aeschlimann, entre autres mais aussi, tenait fermement devant France 3 un discours radical contre le régime intégriste des mollahs mais avait reçu en grande pompe, à l’insu des Asniérois, les dignitaires iraniens. Double mensonge.
Jacques Chirac affirmait très solennellement qu’un ministre ne pouvait être simultanément chef d’un parti et rappelait six mois après Nicolas Sarkozy au gouvernement en tant que n°2. Mensonge.
Nicolas Sarkozy affirmait au tout début de la proposition du CPE faite par Dominique de Villepin qu’il en était l’instigateur mais oublie de le rappeler aujourd’hui pour prendre en charge son démantèlement. Mensonge.
Sur un autre plan mais puisqu’il se plaint lui-même de l’état de notre démocratie en visant les simples citoyens, le sénateur Lambert m’annonçait qu’il répondrait personnellement à un courriel que je lui ai envoyé le 17 mars (lire en commentaires) et dont je n’ai strictement aucune nouvelle aujourd’hui malgré deux relances. Mensonge.
Non respect des paroles données, utilisation de tous les pouvoirs unilatéraux dont ils disposent à leurs propres fins, détournement de l’intérêt général pour des intérêts privés, utilisation du droit de publier sans répondre, multiplication des vitrines idéologiques, mensonges en cascade, cumul de mandats jusqu’au débordement : voilà messieurs Aeschlimann, Lambert et Sarkozy quel est l’état de notre démocratie. La victime, comme dans tout régime autoritaire, c’est le Peuple.
Bruno de Beauregard et Miguel Membrado l’ont été à leurs biens dépendants, leur société et ses salariés ayant été des dégâts collatéraux d’une arme de désinformation qui n’affiche pas encore son nom : une propagande massive instrumentalisant la Justice à des fins d’exercice des pouvoirs. Tout est en place.
Sauf que les Français ne se laissent pas faire, ils ne sont pas dupes et comme toujours dans ce genre de situations ils réagissent, ils rentrent en résistance contre les orchestrateurs d’un système qu’ils abhorrent.
Manuel Aeschlimann est un menteur doublé d’un diffamateur. Se prétendant lui-même le laboratoire et à titre non seulement personnel mais aussi politique proche de Nicolas Sarkozy, il convient de se demander si c’est un processus de “formation” politique qui est en jeu.