J’ai entendu l’interview audio de Bruno de Beauregard chez Philippe Niewbourg, notre voisin journaliste. Si vous ne l’avez déjà fait, je vous invite à en prendre connaissance ici.
Depuis la réception du courriel de Miguel Membrado alertant sur cette histoire je cherche des informations, je fouille, je lis, j’épluche les compte-rendus de conseils municipaux. La justice doit se prononcer en appel aujourd’hui, si je ne m’abuse, sur les diffamations supposées de Manuel Aeschlimann.
Évidemment, aujourd’hui, mon opinion est déjà faite et vous avez du le comprendre parce que sinon je me poserais de sérieuses questions quant à mes éventuelles compétences d’écriture… Cependant je tiens à expliquer pourquoi j’en suis arrivé à penser cela, c’est ce que je vais tenter de faire.
Premièrement la chronologie, non pas de l’affaire mais de mes interventions. Mon logiciel de messagerie m’indique que le courriel de Miguel Membrado est parvenu dans ma boite le jeudi 19 janvier à 2h13. À 12h19 je lui adressai un courriel lui exprimant ma réserve quant à cette affaire mais commençai à chercher des informations sans attendre sa réponse. À 2h08 le lendemain vendredi, Miguel Membrado m’écrivait pour réponse ceci :
Cher Monsieur, merci de votre réponse. Concernant l’objectivité, elle est totale : je ne suis pas affilié à une secte de tueurs, et ma société n’a pas infiltré d’organisations gouvernementales ! Je ne porte pas de jugement, je relate des faits objetifs et prouvables par de simples coup de fils, ne serait-ce qu’aux soi-disants sociétés infiltrées qui vous répondront qu’elles ne sont pas clients chez nous ! Et jamais je ne me rabaisserai à ne pas défendre mon honneur. Quand j’ai écrit ce post, c’était justement pour que les débats reviennent tout simplement sur ce fait, qui est que si dans un pays comme le nôtre, un député maire peut se permettre en toute impunité de dire de tels mensonges sur une entreprise, sans que, malgré nos réactions indignées, aucun journal et homme politique ne réagisse pendant 2 mois, vers quelle société allons-nous ? Y a-t-il des problèmes plus graves que la générlisation de telles pratiques ? Le gouvernement par la terreur de ses citoyens ? Ca ne nous rappelle rien ? [...]
Les recherches que j’avais pu effectuer jusque là m’avaient déjà conduit à commencer à douter de l’éthique de Manuel Aeschlimann et de sa municipalité et de surcroît, malgré mon objectivité initiale, je n’étais arrivé à rien trouver de négatif sur Miguel Membrado, Bruno de Beauregard ni Mayetic ni même qui contredise leurs affirmations. Le moins que l’on puisse penser alors est la discrétion dont faisaient preuve les deux ex-dirigeants de Mayetic. Ainsi, pourquoi en venir à alerter de cette façon (courriel non désiré) sur leur histoire alors qu’ils n’avaient jamais alimenté quelque polémique que ce soit et n’avaient plus rien à vendre ni à proposer ? Pas même une pilule de Viagra ou un agrandisseur de pénis ? Bien que je commençai alors à avoir ma petite idée, le premier billet que j’écrivais émettait toute la réserve que je tenais à conserver. Il est accessible ici et date du vendredi 20 à 10h51. Poursuivant mes recherches et me rendant compte qu’elles aboutissent toujours aux indélicatesses de la municipalité d’Asnières j’en appelle alors à la bonne volonté des internautes pour recueillir des informations sur mon deuxième article à 20h17. J’avais fait part dès la veille de cette histoire à ma compagne Gaëlle qui a un tempérament encore plus réservé que le mien et j’avais eu Miguel Membrado au téléphone. Le personnage ne m’avait semblé ni fantasque ni “chaud bouillant” comme on dit par chez moi mais révolté. Je ne vous cache pas que je commençais déjà à bien comprendre son sentiment… À 20h51, en tant que président de La e-Cité et en accord avec son bureau, je décidais d’ouvrir une catégorie sur le site de l’Association pour justement défendre ce genre de causes si le besoin s’en faisait ressentir à l’avenir. Il s’agit de la catégorie ”Alea non jacta est”, sur le site racine de La e-Cité. Le premier billet de cette catégorie appelle encore à l’information. Pendant toute la fin de semaine les membres de l’association ont cherché des informations, recueilli les sources. Aucune d’entre elles ne nous a conduit à remettre en doute les allégations de Bruno de Beauregard ni de Miguel Membrado. Par contre, je ne vous cache pas que tout ce que nous avons pu lire, trouver, y compris les conseils municipaux de la municipalité d’Asnières nous ont conduit à émettre toujours plus de doutes sur la correction politique de Manuel Aeschlimann.
Je tiens à préciser que ce n’était nullement de parti pris : je ne connaissais Manuel Aeschlimann que de nom, ne m’étais jamais intéressé à son histoire politique et ignorais totalement tout de l’entreprise Mayetic comme de ses ex-dirigeants.
Les membres de la municipalité d’Asnières ont déjà été reconnus coupables de diffamation envers des associations ou d’autres élus. Le jugement en appel concernant Bruno de Beauregard devrait tomber aujourd’hui et il confirmera ou infirmera la propension de Manuel Aeschlimann à l’usage de la diffamation à des fins politiques et personnelles mais n’enlèvera rien aux pratiques avérées et déjà condamnées de sa municipalité.
La bonne question n’est pas de savoir si les finances de Mayetic étaient délicates pour une jeune entreprise. La bonne question c’est de savoir si un élu de la République peut se permettre, pour nuire à un citoyen qui n’est pas d’accord avec ses projets d’urbanisme, d’en appeler au boycott, de diffamer et de porter l’attention sur l’entreprise de son “opposant” pour le déstabiliser. La bonne question c’est de savoir si une entreprise qui n’a rien à voir avec une petite affaire municipale doit voir autorisée la remise en cause de son intégrité par simple volonté d’en découdre.
Deuxièmement : ce qu’il conviendrait de faire. Je sais qu’il semble plus facile pour moi de m’exprimer avec force, d’être virulent et de ne pas hésiter à attaquer de front de tels agissements ignominieux. Pourquoi ? Vous me répondrez probablement que je peux le faire parce que je suis chômeur, parce que je n’ai rien à perdre et que je peux m’exprimer librement sans me soucier des conséquences de mes écrits ou de mes dires. Vous avez tort ! Grandement tort !
Comme tout un chacun je suis soumis à la Loi. Notre Loi, celle de la République. Si je travaillais au sein d’une entreprise je serais soumis au secret professionnel mais rien ne m’interdirait d’exprimer mes opinions librement et légalement. Si nous ne nous exprimons pas c’est parce que nous jouons le jeu qu’on attend de nous : à faire le canard on nous prend pour des moutons. Si nous ne nous exprimons pas c’est parce que nous sommes lâches. Il n’a jamais été interdit de donner ses opinions sur une affaire de justice en cours, et encore moins si l’on n’est pas partie prenante. J’ai conclu un commentaire sur le blog d’Adam Kesher (ici), je me cite :
C’est parce que nous sommes des veaux que notre pays est dans la situation que nous connaissons. Si nous étions des moutons nous formerions au moins un troupeau...
Deux de mes précédents billets s’en prenaient aux soi disants “blogueurs entrepreneurs” qui n’ont jamais le temps de rien et surtout pas celui d’avoir des opinions. Miguel Membrado et Bruno de Beauregard se rendent compte aujourd’hui, parce qu’ils en ont fait la triste expérience, que nous sommes dans une situation telle dans notre pays que personne n’ose plus s’exprimer librement par peur de représailles ou de conséquences. À la question de Philippe Nieuwbourg qui lui demande s’il n’aurait pas mieux fait de prendre en compte ces responsabilités avant de se confronter à la municipalité d’Asnières dont il est un administré, Bruno de Beauregard s’insurge en lui demandant s’il n’est pas là en train de renverser les culpabilités et il a entièrement raison ! Il a raison aussi de dire que ce que nous vivons est le propre des régimes autoritaires ou dictatoriaux !
Il est en colère et il a raison ! Miguel Membrado est aussi en colère et il a raison ! Ils ont perdu dix ans de travail ! Et moi je suis encore plus en colère…
Parce que c’est à force de faire les veaux que nous autorisons toujours plus de précarité dans nos vies. Parce que c’est à force de ne plus brandir nos poings que certains élus nous piétinent. Parce que c’est à force de ne plus exprimer nos opinions que ceux qui décident croient que nous n’en avons pas.
La e-Cité s’est donné pour objectif de défendre ceux qui ne le pouvaient pas. Je suis peut-être insignifiant, l’association est peut-être insignifiante elle aussi mais ce sont ces insignifiances là qui se déclarent prêtes aujourd’hui à défendre la cause de Mayetic comme de toutes celles qu’elle estimera justes et que ses adhérents voudront défendre. C’est le monde à l’envers mais c’est ainsi. Si notre société, notre pays marche sur la tête c’est que nous l’y avons autorisé et incité.
Il est temps de se réveiller. La e-Cité, entre autres, s’y évertuera modestement mais pour ce faire il faudra aussi en trouver l’envie. Si les adhésions ne viennent pas, si les soutiens ne se présentent pas et que vous ne vous releviez pas vous-même, je ne pourrai pas le faire tout seul…
Posez-vous les bonnes questions : pourquoi sont-ce des petits qui devraient défendre des plus grands ?
Me le permettrais-je parce que je n’ai rien à perdre ou parce que, et le cas Mayetic est le parfait exemple d’une réaction trop tardive, je souhaiterais que vous puissiez garder ce que vous avez tant peur de perdre ? Pourquoi se retrancher derrière un pseudo ? Sur la toile La e-Cité existe, ne la rejoignez pas trop tard.
Il faut que l’affaire Mayetic fasse grand bruit, il faut qu’elle fasse peur ! Parce que c’est de vous-même que vous devriez avoir peur, de votre silence coupable et de votre tolérance lâche.
Il est bien beau de déclarer de belles intentions mais si elles ne sont pas suivies d’actes, d’engagements et de prises de parole circonstanciées elles ne sont que du vent.
Qui sera le prochain Mayetic ? Les “Manuel Aeschlimann” en puissance seraient-ils encore trop peu nombreux pour le grand nombre de petites entreprises françaises ? Les laisserons-nous se multiplier ?
Moutons aujourd’hui, plats en sauce demain. N’attendons pas que demain soit trop tard où son goût sera encore plus amer…