Les « entrepreneurs » n’aiment pas les Français
“Miguel Membrado a réagi à mes propos. Il ne méritait pas à titre personnel mon coup de sang qui était dû à l’exaspération de voir ce genre d’attitudes se multiplier.”
Ce titre procède bien évidemment mais délibérément d’un amalgame et bien sûr je n’en pense pas un mot. Cependant, je commence à en avoir plus qu’assez de voir que de telles généralisations, assorties d’une ignorance de notre société des plus idéologiquement orientées, sont de plus en plus répandues, y compris et surtout chez nos forces vives. Ceux qui ont du talent et des compétences, de l’énergie à revendre s’y complaisent le plus ouvertement, y compris mais probablement surtout lorsqu’ils ont des niveaux d’études supérieurs. De quelle généralité suis-je en train de traiter ? Celle qui voudrait, conformément à mon titre, que les « entrepreneurs » n’aimeraient pas les Français ? Non bien sûr, mais de son contraire.
J’en ai marre de lire ici et là, comme chez Miguel Membrado ou Laurent Bervas que « Les Français n’aiment pas les « entrepreneurs ».
Pourquoi ce coup de colère ? Parce que des esprits si vifs et si créateurs se laissent manipuler par des idées reçues qui confortent une idéologie, parce qu’ils se laissent aller sans réflexion ni même vérification sommaire à des dénigrements systématiques de leurs compatriotes. Ainsi peut-on lire chez eux que 65% des Français n’aimeraient pas les « entrepreneurs » et choisiraient d’intégrer la Fonction Publique. Outre le fait que je ne vois pas en quoi intégrer la Fonction Publique représenterait un quelconque désamour envers les créateurs d’entreprise, c’est tout simplement absurde et mensonger.
Démontage :
Le titre du billet de Miguel Membrado est « Les Français n’aiment pas leurs entrepreneurs », basé sur « ce qu’il voit » mais aussi les informations sur lesquelles il se base :
Premier paragraphe :
« C’est malheureusement l’état d’esprit dominant en France. Il n’y a qu’à regarder les revendications des jeunes (et moins jeunes) dans les rues, faisant passer les “patrons” pour des exploiteurs, prêts à profiter de tout salarié qui passe, à le licencier dès que c’est possible, etc… »
Plus loin :
« Et tous mes amis entrepreneurs, et amis de mes amis, sont comme moi, je le sais, on en parle souvent. »
Ou encore :
« 65% des jeunes veulent entrer dans la fonction publique », basé sur un billet qui affirme que « Entendu et lu ici et là, 65% des jeunes de 15 à 30 ans espèrent pouvoir entrer dans la fonction publique ! Les deux arguments avancés dans les différentes interviews sont :
sécurité de l’emploi…
respect des horaires…
65% des jeunes dans la fonction publique, fonction publique financée par les impôts des contribuables et donc entre autre par les impôts des “35%” restant n’ayant pas la chance d’avoir la sécurité de l’emploi ni l’assurance de pouvoir sortir à 17h pétantes de son bureau, n’y a-t-il pas un sacré décalage avec la réalité de la vie actuelle ? »
Miguel, pour qui j’ai la plus profonde sympathie par ailleurs, possède un Doctorat es-sciences, spécialité Intelligence Artificielle de l’université Paris XI Orsay. Il devrait, avec de telles affirmations et de par sa formation, ne pas succomber aux préjugés en citant de tels chiffres et en déduisant de telles sanctions sur la société française. C’est une attitude de plus en plus répandue. J’ai donc cherché en vain des sources qui affirmeraient que 65% des jeunes voudraient entrer dans la Fonction Publique. Ce seraient des chiffres issus d’un récent sondage. J’en ai trouvé deux, le premier est accessible dans le détail ici et fut réalisé par IPSOS pour la CGPME.
Pour ceux qui ne veulent pas s’y rendre et ont confiance dans mes propos, voilà ce qu’ils révèlent :
En fait, 67% des 15-25 ans souhaiteraient travailler dans l’idéal pour la Fonction Publique ou une PME, avec la répartition qui suit : 35% pour la Fonction Publique et 32% pour les PME. Affirmer que 65% des jeunes veulent travailler pour la Fonction Publique est totalement faux et mensonger !
La question suivante révèle bien qu’ils accepteraient d’y travailler à 74% mais la question posée concerne les secteurs d’activité et est la suivante : « Personnellement, si vous aviez l’opportunité de travailler dans chacun des secteurs suivants, dites-moi quelle serait votre attitude la plus probable ? ». Cette même question posée pour le secteur de la communication recueille exactement le même pourcentage et avec quasiment les mêmes proportions.
Ces chiffres, analysés dans le détail, en confortent d’autres accessibles ici.
Ils datent de 2003 mais sont en phase avec les précédents du 6 mars 2005 et révèlent que :
« 54 % des Français n’ont plus confiance dans les chefs d’entreprise »
mais avec une nuance capitale qui nous informe que :
« La suspicion concerne les grandes entreprises, les petites sont épargnées
71% des Français font aujourd’hui confiance aux petites entreprises, mais 40% seulement aux grandes entreprises, tandis que 59% ne leur font pas confiance.
Les dérives de la mondialisation sont à la source de cette défiance :
marchés financiers et entreprises multinationales semblent complices et les Français redoutent leur puissance :
Près de 60% des Français estiment que les marchés financiers et les entreprise multinationales ont trop d’influence sur l’économie mondiale. »
Les Français aiment donc bel et bien très majoritairement leurs créateurs, chefs d’entreprise ou « entrepreneurs » (bien que je n’aime pas le terme qui selon moi ne veut pas dire grand chose) mais ne font massivement pas confiance aux entreprises lorsque justement celles-ci n’ont plus à leur tête un chef qu’ils côtoient mais un actionnariat soumis aux aléas des marchés et de la finance.
Pour une analyse plus poussée de l’attrait de la Fonction Publique, lire ce rapport détaillé au demeurant très intéressant :
Les Français et la fonction publique - 23 Février 2005 IPSOS / LA GAZETTE DES COMMUNES / LE MONDE, avec une synthèse ici. On y voit une décomposition entre “Fonction Publique” et “Entreprises du secteur public”, ce qui est totalement différent.
Cette idée reçue, celle du soi-disant Français qui n’aime pas les créateurs d’entreprise ou leurs chefs et majoritairement attirés par la Fonction Publique est absolument fausse, mensongère et propagée par une idéologie qui ne cherche qu’à enfoncer le clou de la puissance financière dégagée de personnes identifiables et de relations humaines. C’est une profonde méconnaissance de la société française pour qui les rapports humains doivent être au centre de l’économie, et qui, relayée de cette façon, m’indispose le plus profondément parce qu’elle relève pour les chefs d’entreprise soit d’une très grande ignorance des gens qu’ils emploient, soit de la plus grande mauvaise foi. Il aurait tout de même mieux fallu vérifier ces informations au lieu d’affirmer sans ambiguïtés ni interrogations à partir de ce que l’on « entend ici ou là ».
J’ai donc choisi un tel titre pour déclencher une réponse, Miguel Membrado ni Laurent Bervas n’ayant pas daigné le faire lorsque je l’ai demandée à plusieurs reprises (MAJ : je me suis probablement emporté trop vite, je m’en excuserai si nécessaire). Les « entrepreneurs » ont maintenant, s’ils le veulent, la possibilité de démontrer qu’ils aiment les Français au lieu de vouloir constamment partir à l’étranger sous des cieux plus favorables et de ne pas créer d’emplois en France…
Qu’on ne se trompe pas de débat, je connais bien sûr toutes les rigidités de l’appareil administratif et toutes les inepties qui contraignent la création d’entreprises en France mais assimiler ces obstacles aux Français, comment le qualifier ? J’avoue que je ne sais pas trop.
Finalement, lesquels n’aiment pas les autres ?
Vous avez raison de mettre les points sur les “i”.
“Les Français n’aiment pas les entrepreneurs”:
C’est une double généralité sans valeur qui aimerait laisser l’impression faussement rationnelle que si les Français aimaient plus les “entrepreneurs”, nos problèmes seraient tous réglés, comme par magie. Rien n’est moins vrai.
Pour la première de ces généralités, les Français, peuple pragmatique et profondément humaniste, ont souvent été abusés, mais lorsqu’ils s’en rendent compte c’est la cassure, la révolte. L’histoire de France est le meilleur témoin de ses changements civilisationnels ou les républiques se succèdent dans la trahison des élites et la violence des rues qui lui fait écho.
Cette révolution latente connait des périodes d’accalmie et des pics de contestation, à l’image de la confiance des Français pour leurs institutions et de la passion qu’ils montrent à vouloir les défaire lorsqu’ils se sentent floués.
Pour ce qui est de notre deuxième généralité, les “entrepreneurs”, la situation est bien plus diffuse. Comme vous le démontrez si bien, ce ne sont pas tant les petites entreprises, tissu économique Français majoritaire, que les grosses entités que les Français conspuent avec raison.
Par delà les considérations propres au jargon économique, c’est plus un modèle de société basé sur la recherche de profit personnel à court terme, qui ne saurait convenir à leur aspirations. Dans ce modèle dit “libéral”, ce qu’il n’est pas en réalité puisqu’il empêche les conditions d’une concurrence saine basée sur la compétence, la valeur centrale est l’argent, qui est censé être un outil pour formaliser les échanges économiques et non une fin en soit.
Un argument revient sans cesse, la menace de faillite de l’état, l’épée de Damoclès de la dette. Pourtant, le modèle par excellence des pseudos-libéraux brandissant cette menace, les états-unis, sont extrêmement endettés et chacun sait de quelle manière ils opèrent leur fuite en avant et font supporter le poids de leur dette au reste du monde.
Cela veut-il dire que la France doit s’inspirer de ce “modèle”, redevenir un empire colonisateur? Dans ce cas, quelles valeurs auront nos imprécations aux soit-disantes dictatures si nous leur emboitons le pas? L’exception culturelle? L’universalisme? Les droits de l’homme?
Le génie humain serait-il usé au point que nous ne puissions trouver d’alternatives au consumérisme? N’y-a-t-il donc plus rien après le libéralisme?
Publié par le 27/03 à 17:29
Omar,
Je partage totalement ce constat et puisque vous avez déjà commenté une de mes analyses qui portait globalement sur le même sujet, je pense que vous le savez.
Je vois toutefois une issue à cette fuite en avant qui déshumanise notre société et je pense qu’elle est en train de se dessiner actuellement. Ce sont nos jeunes qui la portent et ce qui apparaît rassurant c’est qu’ils sont parfaitement conscients qu’il ne faille pas tout refuser en bloc. Ils ne veulent pas d’un retour à un système soi-disant “archaïque” mais comprennent très bien l’importance de l’économie dans nos vies. Ils sont tout simplement très conscients qu’il faut en socialiser les dégats. Et sur ce point je suis plutôt optimiste parce que j’ai réellement l’impression que ce qui est en train de se passer n’est pas seulement une suite de mouvements d’humeur mais bel et bien une lame de fond.
Publié par
José le 27/03 à 18:22
ouf, j’ai réussi à passer entre les gouttes sur ce coup-là.
mais il vient d’où l’environnement administratif kafkaïen ? et pourquoi on ne le réforme pas, ça fait des années que tout le monde le dit ?
sinon je suis d’accord sur le fait que ce n’est pas en généralisant et en opposant les uns contre les autres qu’on progressera vers la solution de nos problèmes. je sais c’est parfois tentant, dur de résister.
quant au capitalisme financier il y a deux aspects. sa corruption, dont enron n’est que la face émergée. il peut parfaitement y avoir de l’opacité. ce qui n’est pas acceptable c’est quand on prétend que quelque chose est transparent alors qu’elle est en vérité opaque. cette partie là doit être nétoyée. mais sinon il n’y a vraiment rien de choquant.
le vrai problème c’est qu’il n’est pas compatible avec le “pacte social” français. c’est là qu’il faut trouver une solution.
par exemple, si les retraites étaient en partie assises sur de la capitalisation, 1) les Français comprendraient mieux le fonctionnement du capitalisme financier et y seraient moins hostiles 2) les groupes Français ne seraient pas sous-capitalisés localement et il n’y aurait donc pas besoin de faire du “patriotisme économique” pour compenser.
donc globalement je ne vois que trois solutions :
1) nationalisme et autarcie
2) faire comme le reste du monde
3) inventer un modèle original mais compatible
à vrai dire on fait inutilement peur. il ne s’agit pas de démolir tout ce qui existe. et les discours à l’emporte-pièce donnent justement cette impression. c’est une technique de management : on noircit le tableau pour faire passer les changements nécessaires, mais visiblement ça ne marche pas pour un pays, car justement une entreprise n’est pas une démocratie.
et sinon rien à voir, mais l’intellectuel américain qui est en partie à l’origine de la vague anti welfare state (etat providence) vient de publier un nouveau bouquin où il propose une idée relativement proche de ton revenu minimum garanti. en gros plutôt que de faire passer l’argent par l’Etat avec des services dysfonctionnels, donnons directement l’argent aux gens et qu’ils se débrouillent
si tu veux je te cherche les références exactes.
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lionel le 27/03 à 21:34
Lionel,
Il n’y avait aucune raison pour que tu sois pris dans l’averse puisque tu n’as jamais exprimé cette fausse idée qui m’a mis en colère.
Quant à tes références, je les veux bien mais si c’est un livre je vais avoir énormément de mal à le lire, tu sais que je ne suis pas très “fluent” en english, hein ?
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José le 27/03 à 21:41
José, tu me semble bien sévère dans tes propos à mon sujet. Je ne vais pas refaire la discussion que nous avons eu sur mon billet, mais 18 années à entendre ce que je raconte ne se balayent pas d’un revers de main et mérite qu’on s’y attarde. Tes lecteurs pourront donc lire notre conversation sur mon blog http://membrado.blogs.com/thoughts/2006/03/les_franais_nai.html#comments où à la fois j’indique où ai-je entendu parler de ce fameux sondage qui n’est pas le même que celui que tu indique, et où je suis par contre très heureux d’apprendre que statistiquement la situation n’est pas si désespérée que je le pensais grâce à tes précisions
Encore une fois, je n’espère qu’une chose, c’est que cette dichotomie “salarié” / “patron” cesse dans notre pays, car dans ma vie quotidienne je ne l’ai jamais vécue, moi je me suis toujours senti quelqu’un de tout à fait normal et identique à mes salariés, tout en ayant mon rôle à jouer comme tout un chacun. Mais pour faire cesser cela, il faut affronter les problèmes en face, et il faut bien reconnaître que beaucoup de gens qui savent faire parler d’eux font leurs choux gras de cette dichotomie, et c’est bien dommageable à notre pays.
En tout cas merci pour tes éclaircissements sur mon blog.
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Miguel Membrado le 27/03 à 22:52
Miguel,
Suite aux échanges que nous avons eu en commentaires sur ton billet, il se présentait deux façons pour moi de rectifier mon propos :
- Soit je modifiais le contenu de mon article;
- Soit je positionnais à postériori un avertissement.
Je n’ai pas opté pour la première solution parce que cela n’aurait pas reflété le cheminement de ma pensée qui était celui d’un coup de colère assagi par nos échanges ultérieurs.
J’ai donc choisi la deuxième option. Par contre je viens de m’apercevoir que j’avais positionné cet avertissement dans un champ où normalement je ne positionne que les logos “Europeus” ou “AgoraVox” lorsque mes articles y sont publiés. Ce champ n’apparait pas sur la page qui permet d’accéder aux commentaires et qui est celle que tu as du suivre par mon trackback, c’est donc une erreur “technique” dont je ne me suis rendu compte qu’après ta critique à mon sujet et je t’assure que j’en suis navré. C’est rectifié. Toutefois cet avertissement était bel et bien visible sur mes pages “normales” dès que j’ai pu lire tes réponses sur ton blog. Je recopie aussitôt ce commentaire sur ton blog pour que tu en sois informé le plus vite possible.
Toutefois je conclue ce commentaire en rappelant que le premier sondage que tu évoques et qui n’est qu’une citation d’Ivan Roufiol a été complètement sorti de son contexte et ne répond pas du tout aux mêmes questions.
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José le 27/03 à 23:53
José, je viens de retrouver le fameux sondage parlant des 75% de jeunes de 15 à 30 ans favorables à la fonction publique :
Sondage ipsos du 1er juin 2004
Voilà, comme ça au moins nous avons tous les éléments en main…
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Miguel Membrado le 30/03 à 23:20
Miguel,
J’ai déjà cité ce sondage mais la question posée est la suivante :
“Vous personnellement, si vous en aviez l’opportunité, aimeriez-vous travailler dans la fonction publique ?”
Que répondrais-tu, toi personnellement ?
D’autre part, comment peux-tu déduire sérieusement d’une telle question que 65% des Français n’aiment pas les entrepreneurs sans mauvaise foi ?
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José le 31/03 à 10:03
Je ne voulais surtout pas relancer la discussion sur le sujet, juste fournir la référence du sondage que nous n’avions pas trouvé. Ma réponse a la question aurait été non en tout cas, comme je l’ai d’ailleurs concrètement fait dans la vie réelle puisque j’avais les opportunités. Mais c’est un choix personnel bien sûr, chacun le sien.
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Miguel Membrado le 31/03 à 16:47
Miguel,
Tu fais partie de ceux qui ont envie de créer leur entreprise comme 25% de jeunes aussi. Sans relancer le débat, de nouveau je précise que le ton que j’ai employé sur mon billet à ton égard était quelque peu emporté, je reviens sur le fait que, bien que tu aies tout à fait le droit d’avoir tes opinions, c’est la conclusion que tu tires contre laquelle je m’insurge. Je m’inscris totalement en faux sur le fait que les Français n’aimeraient pas les “entrepreneurs” ou alors il faut aussi admettre le mien qui titre que ce sont les “entrepreneurs” qui n’aiment pas les Français.
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José le 31/03 à 17:02
Les entrepreneurs et les jeunes pourraient se mettre d accord sur le dos de ceux qui leur 50 % de ce qui il n ont pas.
Apres l Euroland , le Chartaland.
Deconstruisond les Etats Nations.
Vive la LeitkulturEvolution.
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unionsbuerger le 02/04 à 11:08
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