Mardi 01 Novembre 2005
Forum 2005 du Conseil de l’Europe : concilier flexibilité du travail et cohésion sociale
Les 17 et 18 novembre 2005 se tiendra à Strasbourg le forum annuel du conseil de l’Europe. Le titre même de ce forum est un aveu : flexibilité du travail et cohésion sociale ne sont par défaut pas ou peu compatibles. Ce phénomène est aisément compréhensible, il suffit de traduire en faits ce que ces termes signifient pour les salariés.
La flexibilité du travail regroupe plusieurs dispositions. L’annualisation de la durée du travail permet aux employeurs de disposer, voire d’imposer des horaires différents à leurs salariés selon les jours, les semaines ou les périodes de l’année. Ces horaires peuvent être découpés au sein de la même journée. Il n’est ainsi pas rare de voir des hôtesses de caisse travailler en horaires 10h-12h et 16h-20h dans la même journée alors qu’elles doivent effectuer un trajet de plus d’une heure pour se rendre sur leur lieu de travail. C’est cette même flexibilité qui permet dans certains secteurs de faire travailler les salariés plus de 48 heures (1), y compris les fins de semaine, sans bénéfice pour le salarié. Il ne s’agit pas d’abus en termes légaux mais d’effets dus à l’annualisation du temps de travail. La flexibilité conduit aussi à favoriser le déménagement des chômeurs pour pouvoir retrouver un emploi, etc.
Ces adaptations ne représenteraient pas une gêne pour les salariés si elles étaient acceptées sur la base du volontariat, ce qui généralement n’est pas le cas. En effet, il devient très difficile dans ces conditions de concilier vie familiale, jeunes enfants scolarisés, vie sociale ou sportive avec de telles contraintes. D’autant plus difficile que les postes soumis à cette flexibilité sont souvent les postes les moins rémunérés. La précarisation salariale s’accompagne ainsi d’une précarisation sociale entraînant un sentiment d’exclusion souvent incompréhensible et mal vécue puisque le salarié n’est pas exclu de l’emploi. D’autre part il est facile d’imaginer les conséquences sur l’environnement familial si les deux membres du couple doivent travailler sur des horaires décalés différents et de surcroît sur des lieux de travail éloignés de leur domicile.
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Déclarations du président Ahmadinejad : effets immédiats ?
Les dernières déclarations du président iranien, réitérées et confirmées, ont obtenu leur effet. La condamnation est quasiment unanime mais il ne faudrait pas se contenter de ne voir en filigrane de cette déclaration qu’une provocation.
Le Club des Vigilants, dans un article consacré à cet événement, estime que l’objectif iranien est de prendre la tête de l’opinion du monde arabe. Si l’analyse est osée mais sensée et argumentée, elle est orientée sur le moyen ou long terme. À mon sens et en complément de cette excellente analyse de Marc Ullmann, une partie du résultat a déjà été obtenue immédiatement.
Le président Ahmadinejad sait parfaitement que les États Unis n’ont pas actuellement les moyens d’ouvrir un nouveau front. D’ailleurs il n’a pas appelé à leur destruction mais à celle d’Israël qui représente pour la majorité des pays arabes du Proche et du Moyen Orient une “extension” américaine. Il sait aussi pertinemment qu’Israël n’engagera pas de frappes unilatérales en prenant le risque d’embraser tout le reste de la région qui ne brûle déjà. Cependant, il est légitime d’imaginer qu’en s’appuyant ainsi, en ce moment bien précis de la situation internationale, sur les fondements même de l’Iran, il ait voulu porter un camouflet international aux États Unis.
En effet, comment interpréter autrement que la première puissance mondiale et plus fidèle alliée d’Israël, s’aligne derrière l’ONU qu’elle avait elle-même défiée en intervenant en Irak ? Les États Unis sont aux portes de l’Iran avec un contingent massif de forces armées mais enlisés dans une guerre civile qui ne dit pas son nom et une attitude de plus en plus sujette à caution au sein même de leur propre pays. D’ailleurs l’administration Bush, celle là-même qui “conçut” cette guerre, est dans une crise politique que l’on pourrait qualifier de sévère.
On pourrait donc aussi interpréter le message iranien de cette façon : l’Iran menace Israël et les Américains, leur plus fidèle allié, qui sont arrivés jusqu’à ses portes en se moquant royalement de la communauté internationale, s’appuient sur elle pour les condamner ? Les Iraniens auraient affirmé haut et fort que les Américains ne font plus peur à personne que cela n’aurait pas eu un impact aussi fort. Quant à l’ONU, c’est aussi pour elle la mise en accusation de son incapacité. Elle qui n’a pas pu (et pas voulu) empêcher cette forfaiture américaine hier, condamne aujourd’hui des propos qui sont les fondements mêmes de l’état islamique et que l’hypocrisie silencieuse d’autres pays arabes de la région cautionne.
Si le sujet n’était si grave et la situation régionale si dramatique je dirais que les propos du président Ahmadinejad ne manquent pas de sel. En tout cas, ils ont fait mouche et ce résultat est déjà suffisamment significatif pour corroborer l’analyse du Club des Vigilants.
Dimanche 30 Octobre 2005
Nicolas Sarkozy est un danger pour la République
Il y a déjà quelque temps je publiais un article ”Nicolas Sarkozy : glissement sémantique contrôlé”. Cet article fut refusé par Agora Vox mais pourtant il est plus que jamais d’actualité.
Aujourd’hui Nicolas Sarkozy ne veut pas seulement de l’équité mais passer au “Kärcher” certains quartiers. Il tient aussi à débarrasser certains quartiers de leur racaille… Curieuse conception de sa population que peut avoir un Ministre de l’Intérieur…
Quelle est la France selon Nicolas Sarkozy ?
Lutte contre le chômage, lutte pour l’emploi ou guerre contre les chômeurs ?
La politique pour l’emploi menée par le gouvernement Villepin devrait, selon le Premier Ministre, être menée sur tous les fronts. Dans les faits, qu’en est-il ?
Je suis chômeur depuis juillet 2004, bien qu’ayant effectué un CDD de deux mois en juillet et août 2005 pour la même entreprise qui m’avait employé en 2003-2004. Je n’ai jamais été rayé des listes de demandeurs d’emploi et continue à “pointer” toutes les fins de mois. Par contre, je ne bénéficie d’aucune prise en charge personnalisée comme le clame si fièrement notre gouvernement. La raison la plus probable est que je ne suis pas indemnisé. Effectivement, mes droits se sont terminés en mars. Ayant la “chance” de vivre avec une compagne, je ne bénéficie non plus d’aucune allocation, ni ASS ni RMI. Je suis donc un chômeur de longue durée qui ne rentre dans aucune politique de lutte contre le chômage… Combien dans mon cas ?
Revenons à ma compagne pour corroborer ce constat. Sa petite entreprise cherche à embaucher un ouvrier supplémentaire et pour ce faire s’est adressée à l’ANPE. Les candidats se présentent et leur réflexion sur le choix du futur embauché est en cours. La conseillère ANPE vient aux nouvelles, jusque là rien d’étonnant. Sauf lorsque l’entretien ne vise plus l’embauche effective mais vise à reprocher à ma compagne de ne pas avoir noté tous les noms de ceux qui ont répondu et en l’occurrence s’ils l’avaient fait positivement ou négativement. C’est alors que ma compagne a conclu la conversation en renvoyant la conseillère faire son travail au lieu de lui demander de le faire à sa place. C’est vrai que ça pourrait s’assimiler quasiment à de la délation… Non ?
Si l’on récapitule on a donc certains chômeurs qui, non indemnisés, n’intéressent personne et une ANPE qui demande aux employeurs qui ont fait appel à elle de relever les noms de tous ceux qui répondent afin de déterminer parmi ceux qu’elle aurait recommandé qui l’a fait ou pas… En ayant à l’esprit que des sanctions pour refus ont été mises en place la démarche est plus qu’explicite.
À titre personnel il est vrai que, n’étant ni indemnisé ni allocataire, je ne suis pas sanctionnable…
Alors la bonne question est bien la suivante : lutte contre le chômage, contre son indemnisation ou contre les chômeurs ?
Jeudi 27 Octobre 2005
Vous aurez sans doute remarqué…
Vous aurez sans doute remarqué que je publie aussi sur Europeus et sur Agora Vox.
Si, si… Djiddy Pibbee, c’est bien moi, José. Maintenant, soyons franc. M’était-il possible de continuer à exprimer les mêmes idées, avec la même entité, mais avec deux personnages différents ? Non, je ne suis malheureusement pas schizophrène. En conséquence, je vous demanderai de bien vouloir considérer que lorsque “Djiddy Pibbee a dit”, ce soit José qui l’ait fait…
Merci l’Abbé…
Publié pour la première fois sur mon ancien blog à l’adresse : Merci l’Abbé.
Certains connaissent la France d’en bas, la redressent, la relèvent et lui donnent l’espoir d’une marche droite et haute. Les compagnons d’Emmaüs sont de ceux là. Je rajouterai donc un lien vers le blog d’un “illuminé” de la solidarité et rends ici un hommage à ceux qui savent voir plus loin que l’apparence…
Le cercle de la pauvreté.
Le cercle de la pauvreté est une courbe ronde et fermée pour qu’on ne voit pas là ou elle commence… De tous âges, de toutes origines sociales ou géographiques ces cercles sont concentriques. Certains s’y ingénient à ranger dans les coins. Ranger les âmes dans les coins d’un cercle, paradoxe impossible que certains ont eu l’irraison d’attaquer de face. Face au cercle, où regarder ? L’Abbé avait compris. Il fallait en regarder le centre. Parce que les âmes n’ont ni circonférence ni coins. Parce que les âmes parlent aux autres âmes. Parce que du centre rayonnent les volontés. Le cercle de la pauvreté est riche.
Merci l’Abbé.
http://rabelais.blog.lemonde.fr/rabelais/
Le cannabis et les idées reçues
Publié pour la première fois sur mon ancien blog, La France d’en Bas le 18 février. Le festival de Morlaix m’a incité à le replacer ici.
Il faut savoir de quoi l’on parle au sujet du cannabis.Ce qui se consomme le plus fréquemment en France n’est pas de l’herbe (ou chanvre indien) mais sa résine, contrairement aux pays où la consommation est autorisée ou tolérée. Cette résine est transformée, conditionnée, « coupée » parfois. Les objectifs de ces manipulations n’ont qu’un seul but : faciliter le trafic. En effet, à poids égal, la résine de cannabis ou haschisch (plus communément appelée « chit », « bédo », « chichon » ou autres noms ésotériques) est de 20 à 50 fois moins volumineuse que la plante et le rapport est sensiblement le même quant à l’odeur. On comprendra donc aisément le pourquoi de l’extraction de la résine qui présente une concentration de produit actif évidemment beaucoup plus élevée. De surcroît, les revendeurs intermédiaires peuvent « couper » cette résine en y ajoutant des produits neutres voire nocifs de manière à en augmenter le poids. La concentration en THC (tetrahydrocannabinol, molécule active du cannabis) diminue alors mais ce n’est pas grave, seul celui qui l’achètera en sera lésé, les marchés se négociant en poids et non en qualité. Voilà pour le produit en lui-même.
Passons maintenant à sa consommation. Il n’a jamais été prouvé à ma connaissance de dépendance physique au cannabis mais psychologique au même titre qu’une altération artificielle de l’esprit (par psychotropes, y compris les médicaments) prolongée rend dépendant. Par contre pour consommer du haschisch il faut le mélanger au tabac. Le tabac contient des produits nocifs (par centaines) dont certains ont été volontairement ajoutés pour créer une dépendance physique (ce serait un excellent sujet de débat par ailleurs puisqu’on préfère augmenter le prix des cigarettes afin de réduire le trou de la sécurité sociale plutôt que de forcer les fabricants à retirer de leur composition ces produits mortifères).
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Jeudi 13 Octobre 2005
Ce que fut le modèle social français
Une fois de plus sur le sujet crucial pour notre société qu’est le chômage, on peut constater le glissement d’un traitement social vers un traitement technique.
Le chômage est devenu un problème humain et social, et à ce titre il est celui de tous. Il faudrait peut-être réintégrer cette composante essentielle dans les raisonnements statistiques et globaux.
Le modèle social français c’était surtout le modèle d’entreprise français et de là en découlait le modèle de protection sociale. Souvenons-nous : il n’y a pas si longtemps, un ouvrier Danone était protégé par son entreprise, il était logé Danone, il était chauffé Danone, il mangeait Danone et en échange de ces avantages qui induisaient sa disponibilité il se sentait investi par et pour Danone. Il y a encore peu (je prends pour exemple le cas de mon père, arrivé ouvrier en France et ayant fini sa carrière cadre moyen), le chef d’entreprise se souciait du logement de ses employés, quitte à le lui fournir dans le cas d’une entreprise de gros oeuvre en bâtiment comme celle de mon père. Il n’hésitait pas à licencier un ouvrier incompétent mais s’interdisait de le faire pour tous les autres tant que son entreprise gagnait de l’argent. Il savait que son entreprise était prospère grâce à la fidélité et à l’investissement de sa base. L’humain était au centre de l’entreprise comme au centre de la société. C’était cela le modèle social français et c’était bel et bien cela que tout le monde nous enviait depuis les Lumières. L’humain au centre de tout et non la finance, c’est en ces termes que s’est imposée la Révolution.
Ce temps là est révolu me répondrez-vous. Certes mais rien n’empêche de revenir à un traitement humain et non technique comme d’autres pays ne l’ont jamais oublié.
La précarité a été introduite avec le temps partiel et le CDD, elle a été aggravée par la facilité de licencier. On a ainsi pu se débarrasser plus facilement des salariés, les utiliser comme de simples outils qu’on peut mettre à la réforme avant qu’ils ne soient usés, et ce sans risque de pénurie tellement ils sont nombreux…
On ne peut pas demander à un salarié de s’investir dans une entreprise lorsqu’il y travaille la peur au ventre du chômage ou lorsqu’il sait qu’il n’y travaillera plus dans trois mois. Et encore faut-il souvent remarquer qu’il donne plus de coeur à l’entreprise qu’elle ne le lui rend.
Mais que constate-t-on sur le sujet du chômage ? Que traiter d’un problème social et humain comme celui-ci devrait se faire en termes techniques, quelle ineptie !
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Mardi 04 Octobre 2005
Journée de mobilisation nationale : cachez cette crise que je ne saurais voir.
À l’heure où j’écris ces lignes il est difficile d’envisager la portée de la journée de mobilisation nationale mais il est toutefois un fait connu : les Français approuvent très majoritairement ce mouvement.
En ce sens, en tant qu’acteur social, il faut s’efforcer de rester objectif. Il est indispensable que ce mouvement soit un succès massif. Le mécontentement est réel et profond, tous les symptômes d’une crise sociale sont visibles. Ni les médias ni les dirigeants ne nous décrivent la réalité de la vie quotidienne des français, le décrochage est quasi-total.
Les Français ont déjà “tiré” deux sommations dans les urnes : le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005. La crainte est que 2007 ne soit la dernière. Pour éviter d’en arriver là il convient de désamorcer le risque dès aujourd’hui.
Un succès franc et massif aurait l’avantage de fixer l’opinion publique.
Mais le succès d’un tel mouvement ne pourrait être assuré s’il pénalise d’autres citoyens. Il faut une adhésion et non un ressentiment. Cette adhésion est aujourd’hui possible de manière beaucoup plus large qu’en 2002, le sentiment de mépris de l’opinion publique ayant depuis été renforcé par le non-respect du message des scrutins.
Le ressentiment populaire est fort, il serait inconscient de le sous-estimer.
Les classes politiques veulent-elles réellement faire avancer le débat démocratique alors qu’elles souffrent toutes de la désaffection des Français pour leurs partis ? Ne serait-il pas temps en ce cas de leur proposer un vrai changement qui irait dans le bon sens populaire ?
S’il leur est impossible d’influencer la politique suivie, ne serait-il pas judicieux d’en permettre un contrôle populaire accru ?
Des problèmes attaqués par les mauvais angles aux effets d’annonce, des revirements gouvernementaux aux luttes fratricides pour le pouvoir, des “révélations” médiatiques sur l’état de santé de tel ou tel couple à la présence gouvernementale massive au mariage de la fille de l’homme le plus riche de France, de tout cela les Français sont las.
Les dégâts occasionnés par ces comportements sont considérables. Il ne devrait pas être impossible aux Français d’empêcher une telle fuite en avant pendant une durée de cinq ans sans aucun moyen d’intervention, c’est anti-démocratique.
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