Vendredi 20 Janvier 2006
Mayetic : Aeschlimann m’aurait “tuer” (II)

J’ai eu Miguel Membrado au téléphone un peu plus tôt dans l’après-midi. Pour lui, l’histoire Mayetic relève du passé puisque l’entreprise n’existe plus. Les bonnes questions en suspens sont donc les suivantes :

I) L’issue de cette histoire relèverait-elle d’une faute “professionnelle” de la part de la Caisse des Dépôts et Consignations ?

II) S’agit-il du résultat d’une campagne de diffamation ou de règlement de compte orchestrée par Manuel Aeschlimann, proche de Nicolas Sarkozy, conseiller en communication de l’UMP et député-maire d’Asnières ?

Effectivement, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit tout de même d’évènements concernant la vie citoyenne. J’ai décidé, avec l’accord de Miguel Membrado, de soutenir la démarche non seulement personnellement sur ce blog mais aussi en y engageant l’association.

En tant que son président, j’ai donc créé une catégorie (ici) dédiée aux causes que défendra à l’avenir La e-Cité, cette catégorie se nommant “Alea non jacta est” et s’inaugurant avec cette histoire.

Les membres de l’association ont d’ores et déjà commencé une collecte d’informations qui sera intégrée à ce dossier et nous espérons recueillir le maximum de témoignages de tous les internautes concernés par cette histoire sur ce dossier. En attendant sa publication sur le site vitrine de l’association, je vous invite à les laisser ici si vous disposez d’éléments significatifs où si vous êtes vous-même concerné.

Publié par José
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Jeudi 15 Décembre 2005
La fantastique hypocrisie de la dette publique

L’effet d’annonce est en cours, la dette que quiconque se serait intéressé à l’état de notre pays connaît très bien depuis déjà un bon moment a été confirmée, disséquée et des solutions sont préconisées dans le rapport Pebereau. La médiatisation n’a pour seul objectif que de nous préparer à avaler des couleuvres encore plus grosses que nous n’en mangeons déjà tous les jours… Alors aujourd’hui, la seule question qui taraude nos dirigeants politiques est la suivante : comment faire adhérer l’opinion ? Et bien je dirai tout simplement que cette interrogation est une hypocrisie du même niveau que le montant de la dette…

On découvrirait aujourd’hui que la France va mal depuis vingt ans ? Mais quel Français d’en bas ne le sait pas ? On découvrirait aujourd’hui que quand ça va mal il faut arrêter de dépenser ? Mais quel Français d’en bas dépense plus aujourd’hui qu’il y a vingt ans ? Enfin bref, entre nos dirigeants politiques et le peuple la notion d’évidence ne doit pas se trouver dans les mêmes dictionnaires…

Je vais reprendre ici le commentaire que j’ai posté sur le nouveau blog collectif ”Pourquoi pas ?” :

On ne gagnera pas l’adhésion de l’opinion en s’augmentant de 70% dès l’arrivée au pouvoir, en imposant moins les plus riches, en allouant des aides aux restaurateurs sans qu’ils n’embauchent, en exonérant toujours plus les employeurs des cotisations sans qu’ils n’embauchent, en laissant volontairement 4,5 millions de personnes sans emploi, etc.
Les solutions pour l’adhésion de l’opinion sont encore plus simples que celles du rapport, mais ça personne, non personne ne l’ignore alors que l’on fait semblant de découvrir le montat de la dette et comment revenir à un équilibre avec ce rapport…
L’hypocrisie de cette dette, ce n’est pas que son ampleur ait été ignorée depuis plus de vingt ans mais que depuis vingt ans les seules motivations animant nos classes politiques dirigeantes sont de simples motivations électorales, claniques, quasiment tribales et que cela les a conduit à se décrocher de la réalité du quotidien des Français tel un ballon de baudruche n’étant plus retenu. On peut aussi intégrer dans ce mouvement et cette fuite les médias et maintenant on nous rebat les oreilles avec cette dette pour nous préparer à des réformes qui n’engendreront des sacrifices que pour les mêmes ?
La France est en situation difficile financièrement ? Les Français le sont et de plus en plus. Il est curieux de constater que leurs difficultés datent de la même période, non ?
Si les problèmes des Français avaient intéressé, si on les avait analysés, si on leur avait demandé leur avis on n’en serait pas là. Personne n’a répondu à leurs attentes et maintenant l’État va leur demander de répondre aux siennes…
La question à laquelle personne ne répondra est la suivante : imaginons que les mesures préconisées par ce rapport soient suivies. À quel sacrifice personnel se livreront messieurs Chirac, Villepin, Sarkozy, etc. Mais aussi messieurs Pebereau, Lambert, Artus, Blanc… Gageons que tous seront encore plus riches dans cinq ans qu’aujourd’hui. À la fin de cette période de cinq ans il sera bon d’en faire le décompte mais il ne sera pas fait.
Avant de reprendre leur budget collectif en mains, ce que les Français n’ont jamais oublié de faire personnellement, il y a fort à parier que si cette hypocrisie continue ils reprennent le pays en mains. La seule interrogation c’est comment...

Publié par José
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Mercredi 14 Décembre 2005
Le chômage : contrôle des masses ?

Rédacteur Agoravox

Il existe plusieurs formes de contrôle des masses, en passant par les idéologies ou les religions, mais la plus efficace s’avère la peur. Les sentiments négatifs ont ceci de particulièrement exploitables qu’ils sont particulièrement prégnants à court terme. L’exploitation des peurs est devenu le critère principal des partis politiques. De la peur de l’étranger à celle de l’insécurité en passant par celle du terrorisme jusqu’à celle du chômage, toutes les peurs sont exploitées. Lorsque je dis que ce sont les peurs qui sont exploitées je le dis en réaction au langage employé en politique : lutte contre le terrorisme, bataille contre l’insécurité, guerre contre le chômage, etc. Les termes employés sont tous forts, particulièrement belliqueux et tout le monde sait qu’en langage politique, tous les termes sont soigneusement choisis.

Contre l’insécurité ou le terrorisme la lutte c’est le renforcement des contrôles, que ce soit celui des déplacements ou des communications. Contre le chômage c’est la manipulation des chiffres, des statistiques qui est employé puisque la réalité est beaucoup moins facilement influençable parce qu’elle ne dépendrait pas seulement du bon vouloir des autorités politiques.

Il semblerait toutefois que ce ne soit pas tout à fait exactement le cas mais que certaines décisions puissent influencer très sensiblement les taux de chômage. Le Professeur MODIGLIANI, éminent économiste, s’exprimait ainsi déjà en 2000 :

“POUR LE PROFESSEUR MODIGLIANI, LA BCE EST RESPONSABLE DU CHÔMAGE ÉLEVÉ EN EUROPE

M. Franco MODIGLIANI, professeur au MIT et lauréat du prix Nobel d’économie en 1985, a accusé hier la Banque centrale européenne d’être responsable du taux de chômage élevé que connaît l’Europe.

Intervenant dans le cadre de l’audition publique organisée par la commission économique et monétaire présidée par Mme Christa RANDZIO-PLATH (PSE, D), il a exprimé son affliction devant cet “affreux chômage massif” et a dénoncé le manque d’ambition de l’objectif de 10% de chômeurs. “Aussi longtemps que ce taux n’est pas descendu à 3%, les efforts ne peuvent être relâchés”, a-t-il déclaré. A ses yeux, si ce taux est aussi élevé, “c’est que la BCE le veut”. La BCE “programme le chômage”, a-t-il ajouté, avant de proposer que la commission invite la Banque centrale à exposer sa stratégie de l’emploi et à expliquer son attitude qui considère le chômage comme “quantité négligeable”. “Ils ne peuvent pas vous dire qu’il ne maîtrise pas la demande, parce que pour maîtriser l’inflation, vous devez maîtriser la demande”. Rapporteur du Parlement sur les grandes lignes directrices pour l’économie en 2000, M. Giorgos KATIFORIS (PSE, Gr) a approuvé et appelé la commission à envoyer une lettre officielle en ce sens à la Banque centrale.

Le professeur Modigliani a rappelé aux députés que les salaires étaient extrêmement rigides en Europe. Dans ces conditions, il est nécessaire de s’inspirer de la pensée keynésienne et de l’idée de doper la demande réelle pour créer des emplois. “Le chômage existe en Europe parce qu’il n’y a pas d’emplois”, devait-il souligner. Et de préciser encore que “l’emploi est déterminé par l’investissement”, que là, le rôle de la BCE est évident puisqu’elle agit sur l’investissement au moyen des taux d’intérêts. “Peut-être la BCE ne le sait-elle pas, mais tous les autres le savent”.

Le professeur Modigliani a également constaté l’existence d’autres rigidités sur le marché européen du travail et a évoqué la “surprotection” des travailleurs. Il a noté que des changements s’opéraient et, tout en reconnaissant l’importance de mesures favorisant l’offre, il a insisté sur la complémentarité entre les politiques favorisant l’offre, d’un côté, et axées sur la demande, de l’autre.”

Source ici : Parlement européen

Il convient de s’interroger sur le bien-fondé de telles déclarations à caractère économique. En effet, il est légitime alors de se demander s’il y a d’autres raisons à un taux de chômage aussi élevé qu’économiques, ou plus précisément financières. Ceux qui seraient tentés de croire le contraire se trompent : des études très approfondies montrent que le taux de chômage diminue très fortement si l’offre de travail augmente. Logique, me direz-vous ? Pas pour tout le monde puisque certains continuent d’affirmer que les chômeurs le sont parce qu’ils ne veulent pas travailler…

Suite...

Publié par José
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Vendredi 02 Décembre 2005
Supprimer le chômage : ma proposition, le Revenu d’Existence Collective

J’ai rédigé ma proposition concernant la suppression du chômage et le Revenu d’Existence Collective, elle est ici et si vous vouliez en discuter dans les forums (l’Agora) il vous suffit de cliquer sur le lien en bas d’article pour vous y rendre.

Autre point : j’aurais réellement besoin de vos avis sur ce sujet. wink


Le problème du chômage : solutions ?

Suite à un article de Jacques Attali et après prise de contact avec Vincent Champain, son co-rédacteur d’une alternative au chômage, j’ai ouvert une catégorie et écrit un billet sur la section Intra-muros de l’association. Cette proposition ne m’apparaissant pas entièrement satisfaisante, je prépare un article en complément de leurs propositions avec une innovation majeure. Je regrette que l’Association n’ait pas encore suffisamment de membres, donc de compétences, pour m’aider sur les points techniques de telles idées. Ça viendra, ça viendra… Les contacts commencent à venir. wink

La suite est ici.


Mercredi 30 Novembre 2005
La règle des 3P : sortir du modèle travail ?

Nos pays européens, comme la plupart des pays développés, sont confrontés à un problème majeur et durable : leur taux de chômage. Je reste pour ma part persuadé que l’élargissement de l’Europe, pour autant qu’il soit indiscutablement bénéfique aux pays entrants, ne solutionnera d’aucune façon le problème du chômage chez les anciens membres. Selon moi ce chômage est structurel, quoi que l’on en pense ou dise. Certains états le masquent habilement sous une dénomination d’incapacité au travail comme l’Angleterre, d’autres connaissent un travail illégal faisant partie intégrante de leur économie comme l’Italie mais tous vivent l’échec du plein emploi. Nous cherchons dans nos pays les plus développés des solutions à un système qui conduit à produire plus de chômeurs qu’il ne crée d’emplois, y compris en France. Les manœuvres habiles de masquage des statistiques ou de déplacement de catégories (passage d’allocations chômage au RMI en France par exemple) n’ont pour seul effet que de cacher officiellement la réalité que personne ne doit voir : une partie de nos sociétés toujours grandissante (20% des actifs environ) est exclue du champ du travail.

Il ne s’agit pas ici de prendre comme référence ceux qui ne veulent pas travailler, je reste persuadé qu’ils sont extrêmement minoritaires. Les causes de cette exclusion sont aujourd’hui disséquées selon les évènements : les discriminations géographiques (banlieues) sont aujourd’hui constatées mais il y a encore peu c’était le chômage des seniors qui faisait la une de toutes les luttes (Patrick Mayo). Les jeunes de moins de 25 ans sont touchés également, quelle que soit leur origine résidentielle, et les stagiaires sont sur la devanture des revendications. Il n’est pas contestable que les dérives du capitalisme débridé actuel en soient les principales causes et que même les couches moyennes de nos populations se sentent aussi concernées. Ces phénomènes sont aussi visibles si l’on tient compte du glissement des électorats. En effet, on peut constater, que les cadres ont voté en plus grand nombre pour les partis d’extrême gauche à la dernière présidentielle qu’en 1995. On ne doit pas en déduire que les modèles sociaux sont en faillite puisque leurs principes restent ancrés dans les volontés citoyennes mais, par contre, que tous les systèmes de l’Union sans exception ou presque, ne peuvent plus lutter contre un système capitaliste agissant sans aucun intérêt de société mais actionnarial et mondial. Par exigence de rentabilité, les investisseurs institutionnels essorent les entreprises des derniers éléments sur lesquels elles peuvent avoir prise : leur salariat. Les pays nous ayant quasiment rejoint sur leur développement technologique (le Maroc, par exemple) peuvent fournir aujourd’hui les mêmes services délocalisables que les nôtres tels que les centres d’appel mais ceux-là seront rejoints très vite par les pays émergents, les nouvelles technologies le permettant sans contrainte majeure. Ce n’est donc pas le modèle social qui est en panne mais le système de production d’argent qui s’est emballé en se concentrant. Il me semble incohérent de croire qu’en réalisant toujours plus de bénéfices on ne puisse être plus solidaires. Il me semble par contre logique de penser qu’il s’agisse d’un problème politique. Et si nous y réfléchissions selon la règle des 3P ?

Passé :

Après guerre les chantiers de reconstruction étaient immenses, que ce soit au niveau des industries lourdes ou des infra-structures, c’étaient les Trente Glorieuses. Les acquis sociaux comme les congés payés ou les 39 heures associés à l’accroissement du pouvoir d’achat ont permis l’évolution de nouveaux secteurs d’activité comme les loisirs ou le tourisme. La nécessité de faire circuler les personnes et les biens ont rendu indispensables la création de réseaux routiers, ferrés, etc. Tout cela a nécessité une main d’oeuvre considérable dans une population qui avait perdu une bonne partie de ses effectifs pendant la guerre. Àun tel point que l’immigration était nécessaire pour compenser ce manque de bras. Mais l’évolution technologique en spécialisations couplée au vieillissement de nos populations a rendu nécessaire la création d’un secteur tertiaire : celui des services, tant aux entreprises qu’aux personnes. Ce secteur ne produit physiquement rien mais assiste la production ou le commerce. Or ce secteur même suivra avec un léger effet de retard l’évolution du secteur secondaire : la fiabilité des matériels, la délocalisation des technologies lourdes ayant besoin de main d’oeuvre moins chère, la prépondérance du nucléaire français sur les industries du charbon, tout cela a contribué à la diminution des besoins en bras. Pendant ce temps l’agriculture et l’élevage, le secteur primaire, a lui aussi été soumis à de fortes concentrations accompagnées d’une évolution technologique. Si un seul agriculteur nourrissait 10 personnes il y quelques dizaines d’années, il en est vite arrivé à nourrir plusieurs centaines. Cette baisse de besoin en bras n’a pas été, heureusement pour notre démographie, accompagnée par une baisse de notre population. Le secteur tertiaire a donc suivi lui aussi cette évolution et cette suite est tout à fait logique : c’est le progrès technologique qui a conduit à “produire” plus de chômeurs que d’emplois.

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Lorsqu’il faut bien des prétextes…

En réponse à l’article de Philippe Bilger, ”Réactions aux réactions”.

Le rap violent est le prétexte à la violence incriminé par ceux qui ne connaissent pas les environnements culturels qu’ils ne fréquentent et ne fréquenteront probablement jamais. Je le dis sans faire aucun procès d’intention mais un constat. On a eu tant critiqué Renaud, on n’en pensait pas moins de l’humour de Coluche. Le rock c’était La souris Déglinguée ou les Béruriers Noirs mais aussi Noir Désir ou Silmarils. Le rap c’est Monsieur R ou NTM mais aussi I’am… Tous les amateurs de I’am fuient-ils la délinquance et tous ceux de NTM y sombrent-ils ? Non, évidemment… Pourtant certains le feront. Le même procès fut intenté aux jeux de rôle ou aux jeux video, etc. Tous ces mouvements créatifs ne font que relater ou amplifier la réalité que vivent leurs créateurs. Que cette réalité puisse être différente est un fait qui ne doit pas occulter la vue de cette différence.

Croyez-vous, M. Bilger, que je vive la même réalité que votre frère Pierre lorsque nous échangeons sur les entreprises, l’emploi ou les hauts revenus alors que je suis chômeur sans aucune ressource ? Certaines déclarations de grands patrons, voire de ministres dans l’hémicyle déclarant que les chômeurs ne cherchaient qu’à ne rien faire (Jean Auclair, député UMP à l’Assemblée nationale), d’autres, comme celles des dirigeants du MEDEF, ne sont-elles pas violentes pour nous au quotidien ? Leurs positions inciteraient-elles tous les patrons à licencier ? Devrais-je les généraliser ? Savez-vous combien de fois je me suis demandé avec colère si c’était bien cela ma France ? Si le langage gêne que devrait-on penser de celui, “fleuri”, de Jean-Marie Bigard ? Ses admirateurs parlent-ils tous comme lui ou vont-ils le voir justement parce qu’ils ne le font pas ? Roméo et Juliette auraient-ils incité tous les couples d’adolescents interdits à se suicider ensemble où l’histoire fut-elle inspirée d’une réalité ? Il ne faudrait pas prendre les évènements à l’envers… Les musiques, leurs paroles, les loisirs, les arts ne sont que des reflets de nos sociétés. Ils ne la conditionnent pas.

Ce que l’on peut regretter aujourd’hui par contre à mon sens, c’est la perte de valeurs pour l’imaginaire personnel, l’onirique, la part du rêve. Le matérialisme, le consumérisme, les modes sont partout. Certains adolescents d’aujourd’hui, beaucoup trop à mon goût, ne lisent plus. Ils s’immergent dans l’ “hyper-réalité” des jeux de guerre à la première personne. Ils ne supportent plus le silence parce qu’on ne leur a pas appris à structurer leurs pensées ou donné le goût de l’imagination dans laquelle baignaient les jeux de rôle fantastiques par exemple. Ils préfèrent subir les images distrayantes mais violentes sur lesquelles ils ne se poseront aucune question. Ils ne lisent pas Isaac Asimov ou Philip José Farmer mais regardent des mangas animés. Pour s’endormir ils ne lisent pas mais mettent en marche leur téléviseur ou leur radio-cassette sur minuterie pour ne pas avoir à réfléchir. Ceux qui ont la chance d’évoluer dans un environnement intellectuel, social et financier favorables ont les avantages qui vont de pair : milieux scolaire et éducatif en rapport de leur environnement familial. Tous ne sont pourtant pas de bons adolescents au dessus de tout reproche. Parallèlement il se produit le même phénomène dans les quartiers plus défavorisés mais pas avec les mêmes accessits, serait-ce si difficile à concevoir ? Croire que leur musique influence leurs actes c’est les croire incapables de discerner leur réalité de sa retranscription artistique. C’est aussi incohérent que de croire, par exemple, que le catéchisme pousse tous les adolescents qui le suivent à intégrer les Ordres… Encore une fois, certains le feront. Mais “certains”, ce n’est jamais une généralité. Pour donner envie à nos enfants de suivre notre modèle il faut tout simplement que ce modèle soit attrayant, sinon ils s’évadent. C’est aux forces de l’ordre et à la Loi de sanctionner les écarts mais c’est à nous parents, adultes et citoyens de leur redonner le goût du rêve. Surtout avec ceux dont les parents ont le plus grand mal à le faire. Cette société, cette culture c’est aussi la nôtre, même si nous n’en partageons pas toutes les facettes.

Et pour conclure avec une image relative aux chants de guerre qui ne sont surtout destinés qu’à impressionner, tout bon militaire en position de force sait qu’il ne faut jamais encercler totalement sinon c’est le carnage pour les deux parties. Il faut toujours laisser une échappatoire, toujours. Qu’il ne nous plaise pas est notre droit. Mais c’est bel et bien la leur.

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Mercredi 23 Novembre 2005
L’État et une partie de notre jeunesse : le divorce dans la haine

Rédacteur Agoravoxlogo Europeus

Les causes des violences urbaines récentes sont multiples et seraient longues à traiter, je ne les traiterai donc pas ici. Cependant, ce qui est le plus frappant, le plus alarmant, c’est la volonté de leurs auteurs de s’attaquer autant aux forces de l’ordre qu’aux pompiers ou même parfois aux médecins. On pourrait dans certains cas l’interpréter comme un rejet d’une certaine classe sociale mais force est de constater que c’est loin d’être une majorité. D’autre part, outre les incendies de voitures ou de poubelles, qui constituent des “combustibles” privilégiés, il faut aussi s’interroger sur les attaques contre les biens publics que sont les écoles, les gymnases, les autobus, etc. Ces multiples cibles qui ne symbolisent malgré tout l’autorité que d’assez loin. 

Tous ces éléments s’apparentent plus à ce qui pourrait être assimilé à l’État au sens administratif plutôt que répressif. En effet, les habitants de ces quartiers n’ont pour image de l’État bien trop souvent que ses facettes répressives ou administratives. Ces dernières, lorsqu’elles ne sont pas assimilées à de la répression, semblent bien constituer alors pour eux le symbole d’une oppression. Il ne semble donc pas inutile de s’interroger sur le pourquoi de cette perception sur ces couches défavorisées de notre population.

L’Administration… Un terme vague qu’il importe de définir en fonction de cette perception. Celle-ci n’étant d’ailleurs pas si éloignée de celle que nous en avons tous au quotidien. Si cette entité tentaculaire regroupe des services publics dispensant des aides et des revenus comme les allocations elle est aussi constituée des services ayant en charge d’en reprendre : ce sont les impôts et taxes sous toutes leurs formes mais aussi la redevance télévisuelle, par exemple. Comme pour toute perception, nous retenons plus efficacement les ressentis négatifs que l’inverse, c’est le phénomène du train en retard. Pour combien de citoyens l’administration n’est-elle perçue en priorité négativement que par le simple fait de penser aux impôts ou au Trésor public ? Les habitants des quartiers difficiles vivent au quotidien une situation non seulement d’exclusion mais aussi de discrimination. L’administration française, malheureusement, n’échappe pas à cette mauvaise contribution. Par phénomène tout à fait compréhensible et naturel, les postes publics administratifs échoient à des Français disposant du niveau scolaire suffisant à réussir le concours d’admission. Or ce niveau scolaire est de plus en plus rarement atteint par les habitants de ces quartiers qui, lorsqu’ils le peuvent, n’accèdent bien souvent qu’aux postes de voirie ou de nettoyage public. Il s’ensuit un sentiment de relégation aux postes perçus comme les plus dégradants, comme pour leurs parents ou grand-parents que l’on a fait venir pour effectuer les tâches les plus ingrates. Ce sentiment les conduit à croire que l’État ne veut d’eux que pour cela puisqu’ils ne se sentent pas toujours responsables, parfois à juste titre, de leur insuffisance scolaire. Ces effets d’image sont accentués jusqu’aux services communs comme la télévision publique. Lorsqu’il s’agit de payer la redevance alors que la discrimination est flagrante sur nos écrans, comment s’étonner de l’amplification de ce phénomène ?

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Publié par José
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Mardi 22 Novembre 2005
Chômeurs non indemnisés : sous le tapis du plan de cohésion sociale

Rédacteur Agoravox

Le gouvernement Villepin a pour ultime priorité l’emploi, paraît-il. Bon, effectivement ces derniers jours ont plutôt été accaparés par le rétablissement de l’ordre… Mais dans les faits, qu’en est- il ? Je ne peux évidemment pas généraliser à partir de ma seule expérience personnelle mais je ne peux pas non plus m’empêcher de penser que ce qui se passe pour moi doit aussi se passer pour d’autres, non ? Voire beaucoup d’autres…

Je ne suis plus indemnisé par les ASSEDIC depuis le 6 mars 2005. J’avais travaillé en CDD de six mois renouvelé une fois sur la période juillet 2003/juillet 2004, ce qui m’ouvrait droit à 6 mois d’indemnisation qui ont donc été épuisés en mars. J’ai depuis été rappelé par la même entreprise pour compenser la baisse d’effectifs de la période de congés juillet/août 2005 en CDD de deux mois mais ça ne m’a ouvert aucun droit nouveau (il faut 6 mois d’activité pour avoir droit à 3 mois d’indemnisation). Cependant je ne me suis jamais désinscrit des listes de l’ANPE depuis juillet 2004 et j’ai continué à remplir ma déclaration mensuelle sans interruption. Je suis donc bel et bien inscrit à l’ANPE en tant que demandeur d’emploi. Mais, à mon grand étonnement (euh… pas trop grand quand même), de la part de l’ANPE c’est silence radio.

Il est vrai que les mesures de ce gouvernement vis à vis de l’ANPE et des ASSEDIC ont été axées sur les chômeurs de longue durée. Ils s’étaient donc engagés à convoquer en entretien tous les chômeurs de longue durée. Apparemment, je n’en suis pas. Bientôt dix-huit mois ça ne doit pas faire assez… Ils s’étaient aussi engagés à convoquer les bénéficiaires des ASS et du RMI. Ayant une compagne qui a un emploi suffisant pour que je ne rentre pas dans ces catégories qui sont soumises au plafond de ressources du foyer, je n’en suis donc pas.
Paradoxalement, si j’avais fait de fausses déclarations en me déclarant seul j’aurais bénéficié soit de l’ASS (le plus probable) soit du RMI (en dernier lieu). J’aurais alors été certainement convoqué en entretien et un(e) conseiller(e) aurait pris en charge mon dossier. C’est donc à dire que si j’avais fraudé j’aurais bénéficié des nouvelles mesures ou directives enjointes par le Gouvernement. Ça laisse quand même à réfléchir…

Ne coûtant rien à l’État ni aux contribuables je ne fais donc pas partie de ceux dont il faut s’occuper, ni en priorité ni tout court. C’est quand même l’impression que ça donne, non ? Je tiens ici à préciser que je me suis rendu à l’ANPE de moi-même plusieurs fois et qu’il m’a été vaguement répondu qu’on ne pouvait rien faire pour moi… Ils savent donc bien que j’existe.

Lors de la création de l’Association, La e-Cité, je leur ai aussi demandé des renseignements concernant les dispositions qui me permettraient de me salarier. J’ai bien obtenu un rendez-vous à mon domicile mais effectivement, pour me salarier, il faudrait que l’Association bénéficie de subventions, ce qui n’est pas le cas, ou d’un afflux massif d’adhérents pour couvrir la partie non exonérée de mon salaire.

Au total, j’essaie de m’impliquer dans la vie sociale, je travaille quasiment tout mon temps à la technique nécessaire à la réussite de celle-ci mais comme il s’agit d’une association et non d’une entreprise je ne suis aidé par personne… Si je n’avais cette obstination qui me caractérise et le soutien inconditionnel de ma compagne j’avoue que ce serait tout de même quelque peu démoralisant. Pour les pouvoirs publics je ne touche rien donc je n’existe pas.
Ah si… J’ai tout de même payé mes impôts sur le revenu de l’année dernière (décalage normal en France) alors que je suis privé de tout revenu… J’avais oublié les impôts… Ah ben ça console un peu quand même de voir qu’on existe toujours pour l’État…

Publié par José
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Mercredi 09 Novembre 2005
Une famille française ordinaire

Mon père arrive en France en 1964, il travaille alors comme coffreur en bâtiment sur des chantiers de Mulhouse à la Corse et devient très vite chef d’équipe. En 1967 je nais au Portugal, en 1969 j’arrive en France dans les valises de ma mère pour venir rejoindre mon père qui est alors chef de chantier. En 1971, il aura réussi sa carrière professionnelle. Devenu conducteur de travaux, poste de cadre (lui qui avait quitté la pauvreté du régime de Salazar, une dictature), le travail n’a jamais autant porté ses fruits. C’étaient les Trente Glorieuses. Je me souviens encore de la fierté qu’il avait à nous emmener le dimanche matin sur les chantiers qu’il dirigeait.

Qu’en a-t-il été pour ses enfants ?

Très bon élève mais peu studieux, pendant toute mon adolescence mes relations avec mon père vont être conflictuelles. Je ne saurais aujourd’hui, avec le recul, rien lui reprocher. Bien au contraire. Mon père est un brave homme pour qui la famille a toujours tout représenté. L’imbécile, et je reste poli, c’était moi. C’était tout simplement, je crois, un conflit de générations. En effet nous avons 37 ans d’écart. En tout cas ce que je sais, c’est que les principes de droiture avec lesquels j’élève aujourd’hui nos enfants je les lui ai empruntés. Merci Papa.

Après avoir été un des meilleurs techniciens possibles selon mes employeurs et même le constructeur de la marque que nous distribuions, puis un des plus jeunes responsables techniques j’ai subi en 1994 ce que l’on appelle un “accident de la vie” : un très grave accident de la route qui va m’éloigner du monde du travail pendant quatre ans. Jamais je ne réussirai à récupérer la possibilité d’une carrière. Formation, CDD, chômage, pas de ressources… Aujourd’hui j’ai trente-huit ans et je totalise près de huit ans de chômage. Ma retraite ? Je n’ose y penser…
Ma petite sœur, bac+3, est simple vendeuse dans une grosse chaîne de magasins de sport et n’a que peu d’espoir de devenir mieux. Elle aimerait bien faire autre chose mais elle a peur du chômage.
Comme mon grand frère d’ailleurs qui aimerait bien évoluer professionnellement…
Pour certains quartiers de France, “certaines” populations puisque c’est le terme employé (comme si la population française n’était pas unique), l’avenir semble étrangement pire que le passé. 

Suite...

Publié par José
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