Mardi 01 Mai 2007
L’enjeu du vote UMP au second tour.
C’est un parti antidémocratique où le seul courant qui existe est celui du chef pour le chef. Les divergences n’existent pas, les différences d’appréciation non plus. Un parti où le chef peut changer de propos ou d’engagements sans que ça ne provoque une seule réaction dans ses rangs. Un parti aux dirigeants violents et brutaux dans leurs pratiques politiques.
Un parti qui recrute ses nouveaux députés par pressions et menaces électorales. François Bayrou a très bien analysé ce danger de l’extérieur et auparavant Nicolas Dupont-Aignan l’avait subi. C’est un danger pour le pluralisme démocratique.
C’est un parti qui compte la quasi-totalité des grands dirigeants des médias. Un parti qui contrôle déjà tous les pouvoirs institutionnels mais aussi financiers. Un parti où toutes les limites de la déontologie et de l’éthique, de la vocation politique mais aussi et c’est bien plus grave de la démocratie ont été abolies. Un parti qui souhaite créer non seulement un pôle centriste, ce qui peut se comprendre, mais dorénavant aussi un pôle de gauche qui serait animé par un député débauché. Débauché en pleine campagne dans le seul objectif de déstabiliser l’adversaire le plus probable. Un parti qui absorbe ses concurrents pour les dissoudre dans la plus pure traduction d’une stratégie commerciale à la Microsoft. En contrepoint il s’agit d’un parti dont le président fut aussi nommé numéro deux du gouvernement au ministère de l’Intérieur, après une présence ininterrompue dans les exécutifs. Un parti issu du pouvoir qui « contrôle » non seulement le peuple par l’intermédiaire de son parti mais aussi toutes les forces de l’ordre du pays, y compris une force militaire comme la Gendarmerie. Un parti que Nicolas Sarkozy veut rendre unique. Il veut associer tout droit individuel à un devoir, qu’en sera-t-il du droit de vote ? On approche là dangereusement les bornes de la démocratie et de la liberté d’un peuple : la combinaison du parti unique et du vote obligatoire.
Le souverain n’est pas le Président mais le Peuple. Le calendrier électoral donne à l’élection présidentielle un poids tel qu’on doit se poser la question de savoir si l’on souhaite donner de nouveau tous les pouvoirs à l’UMP. Il faut inscrire ce second tour dans le même moment que les législatives. L’UMP doit être combattue en tant que telle, pas en combattant uniquement Nicolas Sarkozy à sa tête. Toute attaque contre sa personnalité sera repoussée par la stratégie de défense de l’UMP de la diabolisation.
Le danger d’une structure comme l’UMP est la concentration de tous les pouvoirs en un seul. La boite de Pandore a été ouverte par Jacques Chirac en permettant à un président de parti d’entrer au gouvernement à la place qui a été la sienne de surcroît. Il en porte évidemment l’écrasante responsabilité. Dans la forme qu’a pris L’UMP en tant que parti politique on comprend mieux l’enjeu national du prochain scrutin. L’État de Nicolas Sarkozy sera l’UMP.
Les électeurs indécis et centristes doivent aussi se poser la question suivante : voulons-nous accorder tous les pouvoirs à l’UMP en imaginant que Nicolas Sarkozy en garderait le contrôle direct ou indirect en cas d’élection ? En en connaissant le mode de fonctionnement et les pratiques ? C’est une question qui se pose au delà du PS, des partis à sa gauche et du centre.
C’est une question qui se pose à l’immense majorité des électeurs qui n’a pas voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour.
Les Chinois ont évolué en ouvrant la doctrine d’un parti unique antidémocratique au dogme d’un capitalisme national pratiquant un néo-libéralisme débridé inhumain. Les Français amorceraient alors la même évolution dans le sens contraire : le capitalisme national le plus inhumain et antidémocratique imposerait au Peuple son parti unique en concentrant tous les pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Toutes les dérives deviennent alors possibles, y compris les pires de l’Histoire.
Il ne s’agit pas ici de juger de la personnalité du candidat Sarkozy. Il est question d’imaginer ce que de telles concentrations de pouvoirs et de puissance peuvent produire comme résultat sur une Nation où les fractures sociales sont aussi fortes. Il est question de se demander quels seront les contre-pouvoirs indépendants qui subsisteront après l’élection de son chef.
François Bayrou, Nicolas Dupont Aignan ou Azouz Begag ont compris que ni Nicolas Sarkozy ni l’UMP n’en laisseront aucun.
Voilà l’enjeu du vote de ce second tour : nos contre-pouvoirs.
Voterons-nous pour l’UMP ?
Lundi 19 Février 2007
Les vraies questions : réflexion sur la campagne présidentielle.
Pour être pragmatique et recadrer le titre, cette analyse portera uniquement sur les candidats disposant de chances réelles d’accéder à la Présidence : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou. Pourquoi ne pas inclure Jean-Marie Le Pen dans cette réflexion ? Parce qu’en poussant plus avant ce pragmatisme et sans vouloir offenser quiconque, y compris au sein de son électorat, je partirai du postulat que ce dernier ne sera jamais élu président de la République. En effet, même en considérant que la défiance des Français envers leur classe dirigeante s’est renforcée, je ne vois pas comment les intentions éventuelles de vote en sa faveur au second tour pourraient être passées d’un peu moins de 20% en 2002 à plus de 50%. On peut donc, en toute bonne foi, estimer qu’une nouvelle accession à ce niveau de l’élection assurerait son adversaire de la victoire, quel qu’il soit (pour apporter toutefois une considération personnelle, il serait excessivement dangereux pour notre démocratie et pour l’opinion publique que Jean-Marie Le Pen ne dispose pas des signatures lui permettant d’officialiser sa candidature).
J’ai toujours estimé que la médiocrité de la campagne présidentielle de 2002 résidait dans le fait que les candidats avaient mené une compagne législative et non présidentielle. En effet, avec un électorat majoritairement tenté par l’alternance depuis plusieurs décennies, élaborer un programme à vocation intérieure relève au mieux de la naïveté, au pire du coup de poker électoral. Qui peut garantir l’exécution d’un tel programme en sachant que ce sera de nouveau aux Français de décider de la majorité parlementaire et que rien n’est assuré (cf la dissolution) ? Cette erreur, fondamentale dans l’esprit des Français même s’ils ne la ressentent que de façon diffuse, les deux candidats du PS et de l’UMP la commettent de nouveau. Le rôle du Président de la République en France quant aux affaires intérieures n’est pas de gouverner mais d’arbitrer. Le domaine qui lui est réservé est celui des relations internationales et il semblera évident à tout observateur de cette campagne que les positions de Nicolas Sarkozy comme celles de Ségolène Royal sont à ce sujet pour le moins floues. L’Europe constitue pour eux un terrain miné sur lequel l’un comme l’autre ne souhaite trop s’étendre tant le référendum du 29 mai 2005 a laissé des traces. Pourtant, la plupart des réglementations nationales est décidée à l’échelon européen. Comment gérer l’attitude française vis à vis de nos partenaires européens, des institutions européennes ? Personne n’y répond. Quelles seront les positions françaises vis à vis des conflits du Moyen-Orient ? Partagerons-nous les positions américaines futures quant à la gestion des crises et leur vision du monde ? Quelle place accorderons-nous à notre voisine russe ? Là non plus, nous ne disposons pas des réponses permettant un embryon d’idée sur la place de la France dans le monde. François Bayrou quant à lui dispose au moins sur ces sujets d’un avantage conséquent : la constance de ses convictions pro-européennes. Que l’on partage ou non son positionnement n’empêche pas de lui reconnaître cette stabilité. Il a, par exemple, toujours souhaité un renforcement européen des politiques internationale et de défense. Entre la politique étrangère de Ségolène Royal plus que floue et celle de Nicolas Sarkozy, incertaine mais plus proche de l’atlantisme que de l’indépendance européenne, François Bayrou apparaît à mon sens bien plus fiable aujourd’hui.
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Samedi 11 Novembre 2006
Saddam Hussein : la loi des armes et de la demande
Le débat sur la peine de mort ne mérite pas d’être posé. La peine de mort au sens où nous l’entendons n’a aucune mesure dans ce cas d’espèce. Tout d’abord Saddam Hussein n’est pas un criminel de droit commun, son procès est avant tout politique. Guy Sorman, dans ce billet, se réjouit de cette condamnation et s’affirme à cette occasion en partisan de cette peine capitale. Ses propos alambiqués en commentaire n’ôteront pas le malaise initié par ce billet.
Ainsi, l’on peut être un farouche opposant à la peine de mort mais dans le cas d’espèce de Saddam Hussein s’en sentir partisan. Venant d’un esprit aussi illustre, cela me semble en tant que simple citoyen lambda d’un commun… Pas matière à éclaircissement, là dedans. Saddam Hussein est-il coupable de faits exceptionnels ? Assurément de par son ex-statut de Chef d’État… La peine de mort pour les actes exceptionnels ? À quel moment commence l’exception ? Le meurtre d’enfant ? Le terrorisme ? L’excès de vitesse de plus de 50 km/h ou le vol de malabar chez le buraliste du quartier ?
Le seul mais entier argument qui vaille contre la peine de mort est son irréversibilité. Cet argument n’est pas moral ni idéologique, pas passionnel et il procure en outre une voie indispensable à une réconciliation nationale indispensable dans ces cas là : il n’efface pas l’histoire. Il laisse la possibilité de faire le point sur les évènements avec le principal témoin pour narrateur principal. Voilà pour la peine de mort en général et pour celle de Saddam Hussein en particulier.
Approfondissons toutefois. Le gouvernement irakien est un gouvernement de transition, quasiment d’exception généré par l’occupation américaine. La seule justice qui puisse être rendue dans ces circonstances est une justice d’exception. La validité de ce tribunal est sujette à caution tant il semble difficile de croire en son impartialité. Qu’eut-il donc fallu faire auparavant ? Le tuer ? Oui, ou plus exactement l’abattre.
Si les Américains, au lieu de fournir des preuves toutes plus fantasmatiques que les autres, des arguments mensongers au plus haut niveau de l’État et des motivations de la plus parfaite mauvaise foi avaient décrété qu’un des objectifs de leur guerre était l’élimination du dictateur, qui leur en aurait voulu plus qu’aujourd’hui ? Qui se serait alors opposé à la mort de Saddam Hussein plus qu’aujourd’hui ? Personne, probablement. Mais les mauvaises raisons conduisent toujours aux mauvaises décisions. Maquillé sous les oripeaux de la démocratie et du danger des armes de destruction massive cet objectif caché doit être dorénavant laissé à la soi-disant responsabilité du peuple irakien.
Qui sait si la majorité du peuple irakien souhaite sa pendaison ? Question secondaire ! Mais qui a intérêt à le voir disparaître à jamais avec les lourds secrets d’une trentaine d’années de manipulations occidentales au moyen et au proche orient ? Ses fournisseurs en armes et ses corruptions du programme « Pétrole contre nourriture » ? Tous les chefs d’état chez qui il a été reçu avec la dignité due à son rang mais qui aujourd’hui déroulent le tapis rouge à son ennemi juré d’alors, son voisin iranien ?
Le Tribunal Pénal International n’est-il pas en charge d’instruire ce genre de dossiers ? Sa peine maximale est malheureusement la prison à perpétuité, cela n’éviterait pas une longue et risquée enquête.
Quelques jours se sont écoulés depuis cette condamnation et plus personne n’en parle. Et pourtant c’est l’une des condamnations à mort contre laquelle il faudrait se soulever de tous les horizons. Parce que non seulement il s’agit d’un procès politique mais historique. Après cette pendaison il ne restera plus rien des archives historiques contemporaines de l’Irak. Il ne restera plus aucun dignitaire du régime, aucune institution officielle d’archives permettant de témoigner des évènements, manipulations diplomatiques et gesticulations commerciales et financières s’étant déroulées ces dernières années en Irak.
La condamnation à mort de Saddam Hussein est l’aveu de notre culpabilité dans le manque de transparence de cette sinistre farce qu’a été ce pan de notre histoire.
S’il devait être décidé que nous ne saurons jamais son fin mot l’on ne s’y prendrait pas autrement.
Jeu de dupes.
N’en doutons pas : Saddam Hussein, en mourant, se rendra de plus coupable d’avoir gardé le silence. Ainsi est infligé le malheur au perdant.
L’avènement de la démocratie au Moyen Orient ne passe pas par la nôtre. Il passe jusqu’au bout par les armes.
Vendredi 06 Octobre 2006
Mayetic : Aeschlimann m’aurait « tuer » (VII) Mais plus si affinités…
Les orientations textuelles ne sont pas toujours un choix. Bien souvent elles résultent d’un état d’esprit, d’une façon de penser et d’affinités particulières difficiles à contrôler. Certains en arrivent même à penser qu’elles seraient innées. Ainsi on n’éprouverait pas un certain penchant mais l’on naîtrait textuellement orienté. Quant à moi, bien que totalement tolérant à ce sujet et acceptant quasiment toutes les différences, je ne peux m’empêcher de penser que certaines d’entre elles peuvent nuire à la santé. Surtout à celle des autres…
Tenez : les provocatophiles, par exemple. Pour les apprécier il faut souvent être capable de percevoir le deuxième degré des propos qu’ils tiennent. En effet, pourquoi dire ou écrire ce qu’ils disent ou écrivent alors qu’ils savent pertinemment ce que les autres leur répondront et leurs réactions ? Pourrait-on imaginer que leur préférence textuelle les aurait amenés, de façon naturelle voire incontrôlée, à susciter des réactions telles qu’elles démontrent par essence l’intolérance des provocatophobes ? Qui de la poule ou l’oeuf ?
De même pour les exégétophiles. Ceux-là n’en démordent pas : il faut toujours lire un discours en entier et même comprendre ce qui n’a pas été dit ou écrit. Les exégétophobes, eux, ne prennent que les propos qui leur arrangent et bien évidemment, de préférence, les sortent de leur contexte. On fait ainsi dire à quelqu’un, dans un cas comme dans l’autre, quelque chose qu’il n’a certainement pas voulu dire. Important ? Pas du tout, cela ouvre polémique et donne du grain à moudre aux provocatophiles et à leurs antagonistes, les provocatophobes.
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Vendredi 19 Mai 2006
Conspirations, complots, paranoïas et réflexions
Koz est un voisin internetique que je prends toujours plaisir à lire, j’en éprouve même à son endroit une certaine « affection ». Je ne partage pourtant pas ses opinions, ce serait même plutôt le contraire mais j’apprécie sa franchise et son intégrité. Il est de droite et l’assume mais pas aveugle, il est croyant (et moi athée) et l’assume, il reconnaît bien volontiers ses erreurs ou emportements et les assume, etc. Tant de traits de caractère dont nombre d’érudits, dans leur suffisance, sont totalement dépourvus. C’est pourquoi j’aime le débat avec lui, par blogs ou par liste privée que nous fréquentons en commun. C’est vrai, je trouve plus intéressant d’entamer une conversation, un échange, avec quelqu’un dont les idées sont différentes, voire opposées. Je n’aime pas le conformisme ni, dans l’absolu, être conforté. Je suis un sceptique et par là-même je doute de mes propres opinions tant que je n’en ai pas démontré le bien-fondé. Je ne sais pas ce que sont des opinions extrêmes mais je peux être ce que l’on appelle un « radical ». Je ne crois que rarement en la “vérité” mais me base sur la réalité. Parce que les faits sont têtus et que les vérités ne sont qu’interprétations de ces faits, donc de la réalité. Koz adopte plus ou moins le même type de raisonnement, probablement teinté d’un degré de réflexion philosophique ou spirituel dont je ne dispose pas, mais toujours avec modération. J’apprécie cela. Mais ce billet n’a pas pour vocation de s’étendre sur sa personne qu’au demeurant je n’ai pas le plaisir de connaître si ce n’est par blogs interposés. J’aimerais plutôt introduire le débat sur son dernier billet : « Face au complot », basé sur sa lecture du livre « La société parano », de Véronique Campion-Vincent. Je précise immédiatement que je n’ai pas lu ce livre. Je ne vais donc pas, évidemment, me placer sur le champ de la critique de cet ouvrage mais sur celui du dialogue avec Koz.
Commençons par définir ce que sont conspirations et complots dans l’usage populaire où on les emploie actuellement, c’est à dire dans le registre des « théories ».
La « théorie de la conspiration » suppose qu’il existerait une organisation secrète influençant voire organisant tous les grands évènements afin d’atteindre l’objectif de son accession au pouvoir mondial. C’est de loin la plus ultime de ce genre de théories, c’est aussi celle où l’on trouve les délires les plus fantasmatiques. Koz, plus loin, se pose la question suivante : « Ne peut-on voir dans l’essor du conspirationnisme le pendant de la perte du sacré dans nos sociétés occidentales ? ». Il reconnaît toutefois que, bien que tenté par cette explication, cela puisse être contesté. En effet il relève très justement que les pays les plus ouverts aux théories conspirationnatistes sont aussi bien souvent ceux qui rassemblent le plus de croyants. C’est là une première divergence entre lui et moi. Je ne me pose pas la question de la perte du sacré car je considère que, bien au contraire, le religieux est en train de reconquérir le terrain qu’il avait perdu, et bien trop souvent sous ses formes les plus extrêmes qui soient, l’intégrisme et l’intolérance. Je crois aussi que la plus grande intolérance ne se manifeste pas entre les différentes religions mais envers ceux qui les refusent, les athées. Il devient aujourd’hui de plus en plus difficile d’affirmer les principes qui sous-tendent un tel raisonnement, pour s’exprimer clairement, que Dieu n’existe pas. Je remarque que bien souvent les athées sont moins virulents envers les croyants que l’inverse. L’histoire de Salman Rushdie, entre autres, en est le parfait exemple.
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Vendredi 07 Avril 2006
Mayetic : Aeschlimann m’aurait “tuer” (VI)
À croire que la capacité de mensonge représente un critère d’embauche à l’UMP. Union des Menteurs Patentés ?
Le jugement d’appel concernant la diffamation à laquelle s’est livré Manuel Aeschlimann sur Mayetic, entre autres, a été repoussé deux fois pour atteindre aujourd’hui la date du 25 octobre. Je n’emploie pas le conditionnel car le premier jugement a bien condamné le député-maire d’Asnières, l’appel étant suspensif mais n’annulant pas la condamnation. Rappelons que sa municipalité a déjà été condamnée quatre fois dans cette sombre histoire d’opposition municipale, une opposition qui ne revêt d’ailleurs aucun caractère politique mais tout simplement citoyen. Une simple histoire d’urbanisation… Il fut un temps où ce genre de manœuvres était destiné à museler une opposition politique un peu trop virulente mais à Asnières il semble que ce soit devenu (évidemment aux frais des habitants) une pression sur leur parole. Si nous résumons nous avons donc une autorité en place qui n’hésite pas à utiliser le pouvoir qu’elle détient pour attaquer à tout bout de champ les importuns et donc tenter de faire taire, du moins provisoirement, tous ceux qui auront essayé d’exprimer leurs désaccords sur la politique suivie. Si l’on tient compte de la non-égalité devant la Justice entre de simples citoyens et une municipalité disposant d’un budget qu’elle peut utiliser voire augmenter à sa guise, on ne peut que constater l’inégalité devant la Loi.
Si ce n’est pas une forme d’autoritarisme, je ne sais plus ce qu’est la démocratie en ce cas. Tous les régimes totalitaires ont commencé ainsi lorsqu’ils ne l’ont pas fait par les armes.
Ce genre de dérives est souvent accompagné de mensonges pour s’en justifier. Ainsi dans un communiqué récent face à la fronde montante de simples blogueurs Manuel Aeschlimann déclarait très officiellement qu’il déposerait plainte contre Bruno de Beauregard et Miguel Membrado. Mais les blogueurs solidaires de ces derniers ont décidé de ne pas enterrer l’affaire Mayetic car ils ont estimé que cela relevait d’une grave atteinte aux libertés fondamentales et nuisait à la société à laquelle eux sont attachés. Le communiqué datait du 8 février mais il n’en a rien été, aucune plainte n’a jamais été déposée. Mensonge.
Début avril Manuel Aeschlimann faisait savoir à Lionel Lindemann, le blogueur alerté par mes soins sur cette affaire, qu’il s’expliquerait sur toutes les sombres histoires de sa municipalité sur le blog personnel qu’il ouvrira deux jours plus tard. Aujourd’hui, une semaine plus tard, il n’en a rien été non plus. Mensonge. (MAJ : ce fait était un poisson d’avril monté par Lionel lui-même. Toutefois cela n’enlève strictement rien à tout le reste de cet article)
A-t-il été “recadré” par l’UMP qui y aurait vu un grave danger pour son image au vu de la crise sociale et politique que nous traversons ? Il n’y aurait rien d’étonnant. Il faut dire que la caste politique, si elle n’est pas avare de menteurs en général, est particulièrement bien achalandée à l’UMP.
Manuel Aeschlimann, entre autres mais aussi, tenait fermement devant France 3 un discours radical contre le régime intégriste des mollahs mais avait reçu en grande pompe, à l’insu des Asniérois, les dignitaires iraniens. Double mensonge.
Jacques Chirac affirmait très solennellement qu’un ministre ne pouvait être simultanément chef d’un parti et rappelait six mois après Nicolas Sarkozy au gouvernement en tant que n°2. Mensonge.
Nicolas Sarkozy affirmait au tout début de la proposition du CPE faite par Dominique de Villepin qu’il en était l’instigateur mais oublie de le rappeler aujourd’hui pour prendre en charge son démantèlement. Mensonge.
Sur un autre plan mais puisqu’il se plaint lui-même de l’état de notre démocratie en visant les simples citoyens, le sénateur Lambert m’annonçait qu’il répondrait personnellement à un courriel que je lui ai envoyé le 17 mars (lire en commentaires) et dont je n’ai strictement aucune nouvelle aujourd’hui malgré deux relances. Mensonge.
Non respect des paroles données, utilisation de tous les pouvoirs unilatéraux dont ils disposent à leurs propres fins, détournement de l’intérêt général pour des intérêts privés, utilisation du droit de publier sans répondre, multiplication des vitrines idéologiques, mensonges en cascade, cumul de mandats jusqu’au débordement : voilà messieurs Aeschlimann, Lambert et Sarkozy quel est l’état de notre démocratie. La victime, comme dans tout régime autoritaire, c’est le Peuple.
Bruno de Beauregard et Miguel Membrado l’ont été à leurs biens dépendants, leur société et ses salariés ayant été des dégâts collatéraux d’une arme de désinformation qui n’affiche pas encore son nom : une propagande massive instrumentalisant la Justice à des fins d’exercice des pouvoirs. Tout est en place.
Sauf que les Français ne se laissent pas faire, ils ne sont pas dupes et comme toujours dans ce genre de situations ils réagissent, ils rentrent en résistance contre les orchestrateurs d’un système qu’ils abhorrent.
Manuel Aeschlimann est un menteur doublé d’un diffamateur. Se prétendant lui-même le laboratoire et à titre non seulement personnel mais aussi politique proche de Nicolas Sarkozy, il convient de se demander si c’est un processus de “formation” politique qui est en jeu.
Lundi 27 Mars 2006
Les « entrepreneurs » n’aiment pas les Français
“Miguel Membrado a réagi à mes propos. Il ne méritait pas à titre personnel mon coup de sang qui était dû à l’exaspération de voir ce genre d’attitudes se multiplier.”
Ce titre procède bien évidemment mais délibérément d’un amalgame et bien sûr je n’en pense pas un mot. Cependant, je commence à en avoir plus qu’assez de voir que de telles généralisations, assorties d’une ignorance de notre société des plus idéologiquement orientées, sont de plus en plus répandues, y compris et surtout chez nos forces vives. Ceux qui ont du talent et des compétences, de l’énergie à revendre s’y complaisent le plus ouvertement, y compris mais probablement surtout lorsqu’ils ont des niveaux d’études supérieurs. De quelle généralité suis-je en train de traiter ? Celle qui voudrait, conformément à mon titre, que les « entrepreneurs » n’aimeraient pas les Français ? Non bien sûr, mais de son contraire.
J’en ai marre de lire ici et là, comme chez Miguel Membrado ou Laurent Bervas que « Les Français n’aiment pas les « entrepreneurs ».
Pourquoi ce coup de colère ? Parce que des esprits si vifs et si créateurs se laissent manipuler par des idées reçues qui confortent une idéologie, parce qu’ils se laissent aller sans réflexion ni même vérification sommaire à des dénigrements systématiques de leurs compatriotes. Ainsi peut-on lire chez eux que 65% des Français n’aimeraient pas les « entrepreneurs » et choisiraient d’intégrer la Fonction Publique. Outre le fait que je ne vois pas en quoi intégrer la Fonction Publique représenterait un quelconque désamour envers les créateurs d’entreprise, c’est tout simplement absurde et mensonger.
Démontage :
Le titre du billet de Miguel Membrado est « Les Français n’aiment pas leurs entrepreneurs », basé sur « ce qu’il voit » mais aussi les informations sur lesquelles il se base :
Premier paragraphe :
« C’est malheureusement l’état d’esprit dominant en France. Il n’y a qu’à regarder les revendications des jeunes (et moins jeunes) dans les rues, faisant passer les “patrons” pour des exploiteurs, prêts à profiter de tout salarié qui passe, à le licencier dès que c’est possible, etc… »
Plus loin :
« Et tous mes amis entrepreneurs, et amis de mes amis, sont comme moi, je le sais, on en parle souvent. »
Ou encore :
« 65% des jeunes veulent entrer dans la fonction publique », basé sur un billet qui affirme que « Entendu et lu ici et là, 65% des jeunes de 15 à 30 ans espèrent pouvoir entrer dans la fonction publique ! Les deux arguments avancés dans les différentes interviews sont :
sécurité de l’emploi…
respect des horaires…
65% des jeunes dans la fonction publique, fonction publique financée par les impôts des contribuables et donc entre autre par les impôts des “35%” restant n’ayant pas la chance d’avoir la sécurité de l’emploi ni l’assurance de pouvoir sortir à 17h pétantes de son bureau, n’y a-t-il pas un sacré décalage avec la réalité de la vie actuelle ? »
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Samedi 25 Mars 2006
CPE : les inepties de nos institutions
Récemment, chez lui, Koz voulait m’envoyer, non sans humour, faire un stage de démocratie en Biélorussie parce que je posais la question de savoir si notre pays en était réellement une. Chez Pierre Bilger, Lionel Lindemann me reprochait de toujours vouloir trouver des boucs émissaires aux malheurs de notre société et me rétorquait que nous avions les élites que nous méritions. Il est vrai que j’utilise parfois des formules lapidaires pour critiquer leurs agissements… Mais, au risque de leur déplaire, je persiste à croire que notre démocratie et sa représentativité sont en crise.
Qu’entends-je par là ? Il ne s’agit pas d’un simple déni de démocratie comme j’ai pu le lire ou de la gourmandise exacerbée d’une certaine catégorie de politiciens comme j’ai pu l’écrire, bien que cette dernière existe. Non, il s’agit de manipulations à fins électorales ou bassement politiciennes qui ont conduit nos institutions aux dysfonctionnements qu’elles connaissent. Il est absolument anormal que les électeurs du Front National qui représentent quasiment 20% des électeurs selon la dernière élection présidentielle ne soient pas représentés à l’Assemblée Nationale, ce n’est pas démocratique. C’est aussi le cas pour d’autres petits partis. Pourquoi doit-on considérer que c’est anormal ? Parce qu’un député ne représente pas une circonscription mais la Nation. Il est élu dans une circonscription mais pas « pour » sa circonscription. Il est bel et bien le représentant de la Nation entière dans sa circonscription et non l’inverse, qui relève du Sénat. Leur assemblée doit assurer la représentativité de tout le pays, dans toute sa diversité. Selon cela je considère que l’Assemblée Nationale n’est représentative que partiellement et que cela pose un problème démocratique réel. On pourrait aussi arguer de la diversité culturelle et sociale qui n’est pas reflétée au sein de l’hémicycle mais c’est là un sujet qui ne relève pas de nos institutions.
D’autre part un fonctionnement démocratique consiste à ériger des contre-pouvoirs à tous les pouvoirs pour préserver un équilibre nécessaire et empêcher des dérives autoritaires. Mais là aussi je considère qu’il y a eu des abus par manipulations de calendrier électoral. Jacques Chirac était contre le quinquennat mais l’a fait adopter, jusque là rien à redire. Cependant comment considérer autrement qu’une manipulation la dissolution de l’Assemblée lorsque le calendrier électoral législatif s’avère synchrone avec l’élection présidentielle ? Ce serait tout de même fantastiquement hypocrite de n’y voir qu’un hasard. Nous avons donc bien à faire à des manipulations des institutions récentes. Bien sûr, en l’occurrence il s’agit de manipulations venant de la droite et on pourrait tout aussi bien faire le même genre de reproches à la gauche. Personnellement je ne suis ni d’un bord ni de l’autre même si je ne cache pas mes sensibilités qui consistent à envisager toujours les conséquences pour les plus faibles. Mais la France n’est-elle pas une République démocratique et sociale selon l’article premier de sa Constitution ? C’est cette Constitution qui est ma référence et non un quelconque programme électoral.
Je considère que ces deux dernières manipulations électorales ont été des manquements graves à l’esprit même de la Constitution française.
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Vendredi 24 Mars 2006
CPE : la régression de trop ?
Je suis inquiet, très inquiet, j’ai peur pour mon pays. Les manifestants étudiants de Rennes ont prévenu qu’ils rejoindraient les casseurs si leurs revendications pacifiques n’étaient pas entendues (Le Télégramme de Brest). L’université de Rennes a toujours été à la tête lors de ce type de combats puisqu’elle est emblématique du mouvement étudiant de mai 1968. Il ne faudrait pas interpréter ce genre de déclarations comme des menaces, c’est une alerte qui intervient après la crise des banlieues qui a frappé la France en fin d’année dernière.
Pour ma part je tente d’alerter depuis trop longtemps déjà les politiques à ce sujet sans aucun succès. Encore récemment je l’ai fait chez Alain Lambert, préjugeant de sa bonne foi mais je me suis lourdement trompé. Préférant mal interpréter une métaphore sur la Révolution, il m’a renvoyé à la violence de mes propos. En lui répondant que j’étais conscient de cela et lui retournant la question en lui demandant si lui était conscient de la violence quotidienne que subissent nos concitoyens, il a affirmé vouloir répondre avant dimanche soir à un courriel privé que je lui avais alors envoyé. Je n’ai toujours pas eu ce courriel, voilà la preuve de l’état du dialogue démocratique dans notre pays : inexistant. Les engagements comme les promesses ne sont pas tenues. Dans l’état de tension que vit notre pays, c’est tout aussi révélateur qu’inquiétant. Alain Lambert peut retourner dans sa citadelle vérifier les horloges et les serrures, son aveuglement combiné à sa surdité sauveront probablement son « intégrité » politicienne, cela ne suffira pas pour sauver sa représentativité. C’est aussi cela, le drame de notre démocratie.
Aujourd’hui les étudiants et lycéens n’excluent plus de radicaliser leur mouvement et de le rendre violent, la seule question qu’ils se posent concerne jusqu’à quel degré de violence ils souhaitent aller… Le drame de notre démocratie encore.
Les syndicats doivent se rendre à Matignon cet après-midi. Ce que craignent les étudiants c’est qu’ils acceptent de négocier avant le retrait pur et simple du CPE, ce qu’ils prendraient pour un abandon et une quasi-traîtrise. Je souhaite ardemment que les syndicats en tiennent compte, ce qu’ils ont semblé faire en demandant au Premier Ministre de recevoir tous les acteurs syndicaux et associatifs concernés. Effectivement, comment ne pas comprendre que l’abandon de l’exigence du CPE ne contribuerait pas à radicaliser le mouvement estudiantin ?
Nous sommes au bord d’un gouffre et celui-ci se nomme l’insurrection. Trop de nos concitoyens, et de plus en plus, n’ont plus rien à perdre. Comment ne pas comprendre ce qu’ils ressentent aujourd’hui ? Ce n’est pas une déprime puisque un tel sentiment ne se ressent que dans la solitude. Ce n’est plus de la colère puisque celle-ci est passagère. Comment ne pas admettre que ce sentiment qui submerge la société française est celui de la révolte ? Si ces sentiments se fédèrent et se regroupent, comment ne pas comprendre qu’il s’agirait alors d’une insurrection ?
J’ai proposé une solution de sortie de crise, j’espère toujours être entendu. Mais je suis inquiet et moi aussi profondément révolté d’avoir tant averti sans avoir été entendu…
Notre pays est au bord du drame, une nouvelle fois j’ai mal à ma France.
Jeudi 23 Mars 2006
Des éclairages très intéressants sur le CPE
Chez Dimitri Houtcieff, professeur de Droit qui a retranscrit un débat à l’Université d’Evry et chez Frédéric Rolin, qui pose des questions clefs en cas de modification du projet.
Les commentaires sont parfois tout aussi intéressants que les billets.
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