Dimanche 03 Juin 2007
Mayetic : les blogueurs seraient “missionnés”.
Miguel Membrado a donc été condamné pour diffamation en première instance, condamnation dont il a fait appel. Bien évidemment la municipalité d’Asnières s’est aussitôt fendu d’un communiqué qu’a analysé Japarthur. Mais là n’est pas le sujet de ce billet. Non, le sujet de ce billet porte sur une révélation : les blogueurs auraient une “mission”. Si, si… Vous avez bien lu : une MISSION.
C’est un correspondant inconnu de moi jusqu’ici qui a déclenché chez moi cette illumination, cette révélation. Ben oui, que voulez-vous ? Jusqu’ici j’étais ignare, un sombre païen de la Toile. Et pour permettre la compréhension de cette renaissance, je vais vous en relater la genèse.
Le 31 mai dernier, ce correspondant m’a envoyé un courriel portant à ma connaissance non pas la copie de travail du jugement du TGI de Paris concernant Miguel Membrado mais le communiqué de la mairie d’Asnières. L’inverse n’aurait bien entendu pas agi en déclencheur de mon nouveau “statut”. Ce courriel m’informe aussi que, je cite, “ [ma] mission de blogueur est d’informer et d’éclairer les internautes sur la totalité des faits…” et donc que cette “mission” devrait me conduire à considérer que, je cite de nouveau, “...cette condamnation mérite un nouvel article sur [mes] pages web.”
Figurez-vous que je n’ai pas compris tout de suite la nature de ma tâche ni à quel point j’étais dans l’ignorance. J’ai donc répondu à mon interlocuteur qu’il était libre de placer un commentaire sur mes billets concernant cette affaire parce que je ne pratiquais pas la censure. Ignorant que j’étais alors encore…
Ignorant ? Pas seulement… Par retour de courriel, l’apôtre de la vérité m’intima de prendre la Voie de “l’honnêteté intellectuelle de rendre compte aux internautes de l’ensemble des faits.” Que c’était à moi et pas à lui en tant que commentateur, “de relayer la nouvelle information” qu’il m’avait transmis. Je n’avais pas encore pris la mesure de ce qui bouleverserait mes croyances… En effet, l’ “information” n’était pas le jugement mais le communiqué de Charles Caillet, le Maire-adjoint délégué à la Communication de Manuel Aeschlimann.
Répondant de nouveau à mon dorénavant nouveau guide spirituel, je lui expliquai la ténébreuse route qui était la mienne; que j’avais délibérément choisi de prendre le parti de mes deux amis Miguel Membrado et Bruno de Beauregard et que, comble de mon coté obscur, j’assumais cette partialité tout en exigeant de lui qu’il ne remette pas en cause mon honnêteté intellectuelle. Je lui signalais aussi qu’il n’avait pas présenté à quel titre il m’interpellait ainsi ni qui il était, hormis son nom, et que je faisais ce que bon me semblait chez moi. Ma conversion n’étant pas encore totale, je décidai alors de me renseigner sur mon nouveau porteur de Vérité.
C’est là que j’ai basculé du bon coté de la Force grâce à lui : en me renseignant à son sujet (il s’agit de Nicolas Cellupica) je découvris qu’il n’était rien moins que master de Droit économique, 4ère année et collaborateur parlementaire de Manuel Aeschlimann, Député-Maire d’Asnières sur Seine. Il semblerait aussi qu’il ait été recruté au sein du cabinet de ce dernier.
Voilà, tout est clair et lumineux et vous pouvez désormais comprendre le sens de ce billet.
Grâce à l’apôtre Nicolas Cellupica selon l’évangile de Saint Charles Caillet, je crois désormais en Notre Seigneur Manuel Aeschlimann.
Je ne suis donc plus un mécréant. Pourvu que ça dure…
Vendredi 24 Mars 2006
CPE : la régression de trop ?
Je suis inquiet, très inquiet, j’ai peur pour mon pays. Les manifestants étudiants de Rennes ont prévenu qu’ils rejoindraient les casseurs si leurs revendications pacifiques n’étaient pas entendues (Le Télégramme de Brest). L’université de Rennes a toujours été à la tête lors de ce type de combats puisqu’elle est emblématique du mouvement étudiant de mai 1968. Il ne faudrait pas interpréter ce genre de déclarations comme des menaces, c’est une alerte qui intervient après la crise des banlieues qui a frappé la France en fin d’année dernière.
Pour ma part je tente d’alerter depuis trop longtemps déjà les politiques à ce sujet sans aucun succès. Encore récemment je l’ai fait chez Alain Lambert, préjugeant de sa bonne foi mais je me suis lourdement trompé. Préférant mal interpréter une métaphore sur la Révolution, il m’a renvoyé à la violence de mes propos. En lui répondant que j’étais conscient de cela et lui retournant la question en lui demandant si lui était conscient de la violence quotidienne que subissent nos concitoyens, il a affirmé vouloir répondre avant dimanche soir à un courriel privé que je lui avais alors envoyé. Je n’ai toujours pas eu ce courriel, voilà la preuve de l’état du dialogue démocratique dans notre pays : inexistant. Les engagements comme les promesses ne sont pas tenues. Dans l’état de tension que vit notre pays, c’est tout aussi révélateur qu’inquiétant. Alain Lambert peut retourner dans sa citadelle vérifier les horloges et les serrures, son aveuglement combiné à sa surdité sauveront probablement son « intégrité » politicienne, cela ne suffira pas pour sauver sa représentativité. C’est aussi cela, le drame de notre démocratie.
Aujourd’hui les étudiants et lycéens n’excluent plus de radicaliser leur mouvement et de le rendre violent, la seule question qu’ils se posent concerne jusqu’à quel degré de violence ils souhaitent aller… Le drame de notre démocratie encore.
Les syndicats doivent se rendre à Matignon cet après-midi. Ce que craignent les étudiants c’est qu’ils acceptent de négocier avant le retrait pur et simple du CPE, ce qu’ils prendraient pour un abandon et une quasi-traîtrise. Je souhaite ardemment que les syndicats en tiennent compte, ce qu’ils ont semblé faire en demandant au Premier Ministre de recevoir tous les acteurs syndicaux et associatifs concernés. Effectivement, comment ne pas comprendre que l’abandon de l’exigence du CPE ne contribuerait pas à radicaliser le mouvement estudiantin ?
Nous sommes au bord d’un gouffre et celui-ci se nomme l’insurrection. Trop de nos concitoyens, et de plus en plus, n’ont plus rien à perdre. Comment ne pas comprendre ce qu’ils ressentent aujourd’hui ? Ce n’est pas une déprime puisque un tel sentiment ne se ressent que dans la solitude. Ce n’est plus de la colère puisque celle-ci est passagère. Comment ne pas admettre que ce sentiment qui submerge la société française est celui de la révolte ? Si ces sentiments se fédèrent et se regroupent, comment ne pas comprendre qu’il s’agirait alors d’une insurrection ?
J’ai proposé une solution de sortie de crise, j’espère toujours être entendu. Mais je suis inquiet et moi aussi profondément révolté d’avoir tant averti sans avoir été entendu…
Notre pays est au bord du drame, une nouvelle fois j’ai mal à ma France.
Jeudi 23 Mars 2006
Des éclairages très intéressants sur le CPE
Chez Dimitri Houtcieff, professeur de Droit qui a retranscrit un débat à l’Université d’Evry et chez Frédéric Rolin, qui pose des questions clefs en cas de modification du projet.
Les commentaires sont parfois tout aussi intéressants que les billets.
Mardi 14 Mars 2006
Sortir de l’impasse politique CPE : proposition

J’ai bien évidemment des opinions et des sentiments personnels mais je suis profondément démocrate et mon souci premier, lorsque je fais des propositions, est toujours de tenter de respecter la plus stricte neutralité. C’est ce que j’avais fait avec le REC, je vais tenter de le faire avec le CPE.
La crise politique actuelle résulte essentiellement d’une erreur politique : l’utilisation du 49.3 par un gouvernement très largement majoritaire a été interpretée, à juste titre, comme une forme d’autoritarisme. Ce n’était pas nécessaire et même très déconseillé dans l’état de la société française. Allons-nous de nouveau prendre le risque d’émeutes et d’un couvre-feu ? Je propose une solution qui saura, je l’espère en tout cas, rassembler toutes les orientations et qui permettra de sortir de cette impasse.
Le CPE est, d’après le gouvernement Villepin, une mesure destinée à lutter contre la précarité existante et non à l’aggraver. Le constat de précarité des jeunes ne peut être ignoré, que l’on soit de gauche, de droite, centriste ou comme moi simple citoyen. Mais alors, prenons en considération la dimension sociale que pourrait prendre une telle mesure. Le Parti Socialiste ne s’était pas opposé au CNE, le MEDEF non plus et aujourd’hui celui-ci soutient le CPE. La limite d’âge ne restreignant pas le CNE, elle ne saurait donc constituer la motivation principale d’un tel soutien au CPE. Il semble donc logique que cette motivation soit d’étendre le principe de la période d’essai de deux ans aux grosses structures.
- Les zones gégraphiques où les situations de précarité, le chômage et la pauvreté sont les plus flagrantes sont connues : il s’agit des zones urbaines sensibles, les ZUS.
- Ce sont aussi les jeunes de ces zones qui ont le plus besoin de garanties et qui en ont le moins : discriminations diverses, manque de garanties financières, etc.
- Le CPE, toujours d’après le gouvernement Villepin, ajoute de nouvelles garanties aux contrats existants : bancaire, logement et autres.
- Les employeurs potentiels de ces zones sont aussi de grandes entreprises : les enseignes de la grande distribution, par exemple.
- Les jeunes de ces zones sensibles seraient les plus concernés par ce type de contrat puisqu’ils sont aussi les moins qualifiés.
En vertu de tous ces éléments, je propose que l’on retire le CPE mais que l’on étende exceptionnellement le CNE aux entreprises de plus de vingt salariés, ceci uniquement dans le cas des zones au plus fort taux de chômage des jeunes. Cet aménagement serait évalué sur une période de trois ans et l’on pourrait alors en tirer des enseignements remarquables parce que :
- Ce sont dans ces zones que les taux de chômage sont les plus élevés et une amélioration significative de la situation ne souffrirait d’aucune contestation.
- Cette période de trois ans permettrait de voir si le CNE accompagne vraiment les demandeurs d’emploi vers des CDI ou pas.
D’autre part cela aurait le mérite de ne pas se réveler une mesure discriminante par restriction d’âge.
Vendredi 24 Février 2006
L’affaire Mayetic : je ne ferai pas la chasse aux innocents
J’ai pris de la distance avec l’affaire Mayetic mais aussi avec la blogosphère en général depuis quelque temps. Non pas que je m’en sois désintéressé, bien au contraire puisque je l’ai suivie en « silence » de très près, mais parce que je n’aime pas la tournure qu’elle a prise.
Je n’ai pas apprécié les « sommations » ou interpellations de Laurent parce qu’elles se sont éloignées de l’objectif initial à mon sens qui était non pas de sanctionner les éventuels abus d’un député, en l’occurrence Manuel Aeschlimann, mais de faire en sorte que ne puissent plus se reproduire de telles conséquences : la liquidation de Mayetic et le licenciement de ses 23 salariés. Mais c’était son droit de le faire et je n’ai rien à y redire.
Je n’apprécie pas non plus sans réserve l’attitude de Lionel, qui agite au maximum la blogosphère pour faire « parler » de l’histoire mais qui rectifie aussitôt en arguant du fait que le député est présumé innocent des faits qui lui sont reprochés. Effectivement, il l’est juridiquement mais pas dans les faits. N’oublions tout de même pas que le nombre de condamnations de sa municipalité pour ce type d’histoire est impressionnant et que, même en justice, cela s’appelle des antécédents. N’oublions pas non plus que ni Bruno de Beauregard ni Miguel Membrado n’en ont aucun. Le député n’a aucune raison d’être soumis à quelque secret que ce soit, encore moins au secret défense puisque celui-ci ne s’adresse qu’à des informations ou actes pouvant mettre en péril la Nation. Le député a été condamné en première instance et, si le jugement en appel a été reporté, c’est parce que la cour s’interrogeait sur des éléments qu’elle ne disposait pas en première instance et non parce qu’elle doutait du premier jugement. La question en suspens concerne donc le fait de savoir si de tels éléments pouvaient s’avérer aggravants ou pas. Il y a fort à parier que le premier jugement soit au moins confirmé, sinon alourdi, et que si tel n’était pas le cas nous assisterions alors à une énorme surprise. Je reconnais toutefois que ces derniers temps la justice n’en est pas avare.
Je n’apprécie pas non plus, alors que j’ai voulu engager l’association derrière cette histoire de ne jamais avoir été contacté par les salariés pour relater leur témoignage. C’était leur histoire qui m’avait émue, les conséquences sur leur vie et les inadmissibles retombées dont ils n’ont eu qu’à subir les coups de semonce adressés probablement à leur président. Je n’apprécie pas de ne pas disposer de leur version des faits alors que l’alerte qu’avait lancée Miguel Membrado les mentionnait en bonne place.
Je n’apprécie pas non plus les interventions de Philippe Vassé chez Koz parce qu’elles sont improductives et qu’elles ne feront pas avancer l’histoire. Taxer Koz d’antisémitisme relève de l’imbécillité la plus totale. Je n’apprécie pas toujours la fâcheuse manie de Koz d’intervenir sur des sujets polémiques en prétendant discuter du fond alors qu’il y met la forme la plus sujette à controverse puis ensuite de couper court à toute discussion dérangeante. On ne peut se poser en arbitre des débats autoritairement, mais anonymement, ce qui incite alors les intervenants à douter justement de cette autorité. On ne peut éviter de monter au front tout en incitant indirectement les autres à le faire. Lorsque l’on cite quelqu’un il est normal que celui-ci réponde, et très probablement avec la même manière que celle qui a attiré la citation. L’autorité n’est jamais anonyme ni diffuse, il faut qu’elle soit clairement identifiable pour être respectée. Mais il faut être particulièrement ignorant ou de mauvaise foi pour imaginer Koz antisémite, lui qui s’était offusqué, à tort selon moi mais siginificativement, du racisme supposé du président du Vénézuela, Hugo Chavez. En outre, il a tout à fait le droit de dicter ses règles sur son espace personnel. Son blog ne fait pas partie de la presse, personne n’a à lui imposer ce qu’il désire publier ou pas. Il y a fort à parier que, si cette imbécile polémique continue, j’intervienne en sa faveur mais, encore une fois, on s’éloigne bien trop à mon goût de l’affaire initiale.
La blogosphère, entre autres, permet de rendre moins virtuelles les communications personnelles sur l’Internet. Cette virtualité a glissé. La Toile a inversé les données, et « La révolte du pronétariat », le livre de Joël de Rosnay en collaboration avec Carlo Revelli, le montre sous des rapports tant sociologiques que techniques.
Suite...
Mercredi 08 Février 2006
Mayetic : Aeschlimann ne m’aurait pas “tuer” ?
Le communiqué de la mairie d’Asnières me laisse quelque peu perplexe, vous pouvez le consulter ici.
Bruno de Beauregard a créé son blog ici et il y répond aux interrogations du journaliste Philippe Nieuwbourg.
Le communiqué de la municipalité, signé par l’adjoint à la communication et non le Maire lui-même (ce qui peut s’avérer pratique en cas de plainte pour diffamation ou pour atteinte à la vie privée de la part des personnes citées), relèverait-il aussi de la même campagne de déstabilisation à l’encontre de Bruno de Beauregard ? Ce dernier commence à apparaître pour le moins irrité par une telle fuite en avant et, si tel s’avérait réellement le cas, on le comprend aisément.
Dans ce communiqué nombre de personnes sont citées, leurs relations entre elles, leurs milieux associatif et professionnel mais aussi privé sont décortiqués mais, semble-t-il, pas toujours avec exactitude. En tout cas, il y a bien quelque chose qui me gêne profondément : pourquoi un tel déballage ?
Faut-il rappeler qu’aucune de ces personnes ne s’est jamais rendue coupable de quoi que ce soit ? N’a jamais été condamnée pour quoi que ce soit, contrairement à la municipalité d’Asnières ? Que la Fondation Elahi est une fondation reconnue d’utilité publique dont Bernadette Chirac est la vice-présidente ? Comment pourrait-ce être une secte sans que les autorités ne s’en soient rendu compte ?
Encore une fois, Manuel Aeschlimann va intenter deux procès aux frais de la municipalité alors qu’il se couvre derrière son ajoint à la communication Charles Caillet pour l’attaque…
Si j’étais lui, j’avoue franchement que je serais inquiet pour ma délégation.
Mardi 08 Novembre 2005
Les médias s’arrêtent sur la sémantique pour éviter de s’attaquer au mensonge N. Sarkozy
Publié en commentaire en réaction à un article sur le Big Bang Blog.
Mon titre ne se veut pas provocateur. Le mot “racaille” fait vendre (Google Pub) et hormis le fait qu’il fut employé par un ministre d’État, n°2 du gouvernement, n’est qu’un mot. Par ailleurs, je suis peut-être moi-même, à la lecture de certaines définitions, une racaille.
Le fond du problème n’est ni le langage ni le feu aux poudres. Le fond du problème c’est l’exaspération. Nicolas Sarkozy dont je ne juge pas ici la politique s’est lui-même confronté à la réalité. Maire de Neuilly, Président du Conseil Général des Hauts de Seine ne sont pas des fonctions de terrain fertile à la racaille.
Par contre il n’a jamais hésité, en “débarquant” à grands renforts de caméras et de pelotons de CRS, dans des quartiers dits sensibles à prétendre connaitre la vie de leurs habitants. Combien de fois n’a-t-il affirmé, y compris mais surtout au sein de l’hémicycle, qu’il connaissait la vie de ces gens et qu’il vivait comme eux, parlait comme eux, etc. Le fait est qu’il n’en est rien, tout le monde le sait mais personne ne le relève. Il semblerait que ce soit un axiome établi en théorème que personne n’a jamais démontré. L’axiome est invalide et les démonstrations fausses.
Si vous faites partie de mon entourage je vous donnerai le droit de me traiter de “con” parce que je vous connais. Si vous n’en faites pas partie je vous demanderai des excuses et si vous surenchérissez il y a de gros risques que la situation s’envenime. Nicolas Sarkozy n’a jamais et ne fera jamais partie de l’entourage de tous ceux à qui, collectivement, il a asséné le qualificatif de “racaille”. La réaction fut simple, humaine (stupide mais humaine). En gros on pourrait l’interpréter ainsi :
Suite...
Lundi 07 Novembre 2005
Passé, Présent, Politique : la règle des 3 P

Après un échange avec mon ami allemand Kai Littmann où je lui demandais la perception allemande de la situation française en rapport des émeutes actuelles, j’en suis arrivé à la conclusion que les causes profondes de ce genre d’évènements sont toujours politiques.
Les Allemands ne comprennent pas notre situation, ils la découvrent avec stupeur et ont peur. Pour tenter de comprendre les origines d’un tel phénomène, le parallèle des systèmes politiques entre nos deux pays est très utile.
Le système politique allemand est très largement plus représentatif que le nôtre. Tout mouvement réunissant plus de 5% des voix est représenté tant au niveau national que régional ou local. Ainsi, chez eux, les citoyens mécontents de leur situation trouvent facilement un forum politique où exprimer leur insatisfaction. Ils sont écoutés. Toute la différence est là. Non parce que les Allemands sont plus démocrates que les Français mais surtout parce que leur système politique a su tirer les leçons du passé. La paupérisation populaire et la non-représentativité ont conduit l’Allemagne au nazisme. Ils ne l’ont jamais oublié.
Nous devons adopter la même démarche en France si nous voulons sortir de la crise que traversons. Il serait d’ailleurs plus juste d’écrire les crises parce que les constats sont sévères sur tous les pans de notre société. En effet la crise est politique,institutionnelle, sociale, économique mais aussi individuelle, familiale et collective. Dans cette situation comment adopter la bonne démarche ? C’est là que nous devons adopter la “règle des 3 P” comme méthode d’analyse et de prospective.
Passé :
La France n’a jamais évacué correctement son passé colonial. Cette histoire s’est transformée en un “racisme” institutionnel. La République, une et indivisible, laïque et sur les frontons de laquelle nous pouvons lire “Liberté, Égalité, Fraternité” n’a jamais été fondamentalement respectée et l’est de moins en moins, y compris et surtout par nos dirigeants économiques et politiques.
Notre pays n’a jamais hésité à faire appel à de la main d’œuvre étrangère, essentiellement africaine après guerre. Il a par l’emploi apporté la liberté à ceux qu’il intégrait mais ne leur a jamais offert l’égalité ni la fraternité. Ils ont été parqués dans des cités, des quartiers où la seule fraternité qu’ils ont connue fut celle de leur communauté. La seule égalité qu’ils ont vécue fut lorsqu’il leur fallait payer, leur argent n’ayant pas la couleur de leur peau. Ces dernières décennies ont vu l’aggravation de toutes ces discriminations malgré l’argent massivement injecté à des fins électorales. Ceux que l’on a appelé pour bâtir, pour reconstruire un pays où ils devaient gagner leur dignité n’ont gagné que leur survie. Et encore l’ont-ils gagnée alors que cette survie semble inaccessible pour la plupart de leurs enfants et petits enfants. Et le présent, c’est eux. C’est principalement de ces populations que sont issus les émeutiers.
Suite...
Page 1 sur 1 pages
Statistiques
Cette page a été vue 102441 fois
Page générée en 2.1019 secondes
45 requêtes effectuées
Le déboguage est en arrêt
Pour cette section :
Nombre d'articles : 79
Nombre de commentaires : 210
Nombre de trackbacks : 12
Dernier article le : 03/06/2007 13:10
Dernier commentaire le : 08/03/2008 20:14
Pour l'ensemble du site :
Nombre de membres : 3
Membres connectés : 0
Invités : 8
Anonymes : 0
Dernier visiteur le : 13/05/2008 14:29
Le maximum de visiteurs simultanés est de 86, atteint le 16/06/2007 09:10