Dimanche 21 Janvier 2007
La France des Français

Le 25 avril 2002, entre les deux tours, j’écrivais ceci :

La France des Français.

Les gens qui me connaissent m’apprécient pour ma courtoisie, mon calme et surtout ma modération. Aujourd’hui est un jour particulier, je ne m’exprime pas sur un sujet personnel et c’est un exercice que je n’ai pas l’habitude de pratiquer, je ne sais si je saurai communiquer de cette manière, vos réactions me renseigneront, je l’espère. Je vais tenter d’aborder sans prétention un sujet sérieux de façon explicative, compréhensible et assortir mon analyse d’un message. « Je vais tenter » ai-je écrit… Je vais donc essayer de le faire en toute objectivité et avec l’espoir de votre compréhension. J’aurais pu me lancer dans une diatribe équilibrée ou une humoristique parodie mais j’ai choisi de ne pas le faire aujourd’hui parce que le sujet ne s’adresse pas à mes amis, aux gens qui me fréquentent et me connaissent, pas seulement. J’aimerais qu’il nous concerne tous.

Le premier tour des élections présidentielles françaises a eu lieu. A ce titre, surtout ne l’oublions pas, les Français se sont exprimés. Pour être plus juste, ceux qui ont voulu le faire l’ont fait. (Lorsque le peuple ne peut s’exprimer il se soulève, lorsqu’il ne s’exprime plus il prend le risque de la confiscation de ce droit.) Donc, ne nous voilons pas la face, nous nous sommes exprimés. Je n’ai pas peur de la société française, je la connais, en fais partie et en suis fier. Ça ne changera pas après le 5 mai. Cette société, que le Français s’ingénie à critiquer, n’aura pas changé en deux semaines d’élection présidentielle. La surprise, non feinte pour la plupart d’entre nous, était latente et nous le savions, ne soyons pas hypocrites. Les raisons de ce vote sont multiples, les pièges étaient nombreux et certains d’entre nous y sont tombés.

Le premier élément à constituer la particularité de ce vote fût la multiplicité des candidats. Cette multiplicité n’était pas un piège, au contraire. Elle a permis à tous les votants de trouver un bulletin de vote, d’entendre sa voix « proche » s’exprimer et accessoirement d’autoriser le vote « petit poucet » que les Français affectionnent tant.

Le premier piège fût l’acharnement dont ont fait preuve tous les médias à nous renseigner sur le deuxième tour : Jacques Chirac devant Lionel Jospin. La valse des troisièmes hommes pouvait commencer, la danse des candidats au troisième poste qui ne servirait à rien avait débuté. On se demanda même parfois s’ils dansaient en couples… Et cet acharnement fût si justifié que Jacques Chirac arriva bel et bien devant Lionel Jospin, trop devant même, entre les deux s’était intercalé Jean-Marie Le Pen. Aucun des instituts de sondage, aucune chaîne de télévision, aucun journal ne l’avait prévu. Nous étions si assurés du deuxième tour… Malgré tous les petits poucets présents nous étions sûrs du résultat.

La droite chiraquienne nous proposa une campagne essentiellement axée sur la sécurité, pain béni pour l’extrême droite. Deuxième piège auto-tendu ? Habituel pour la droite, me direz-vous mais n’exagérons rien non plus, les problèmes d’insécurité existent bel et bien. Le débat était nécessaire mais la promptitude de la droite à enfoncer la gauche sur ce sujet a produit un effet non recherché, ce fût une erreur de communication. Encore aujourd’hui elle s’exerce aux pamphlets contre la mauvaise cible, ce n’est plus ni la bonne heure ni le bon adversaire, qu’elle ne fasse pas de surcroît une erreur de cible.

Quant au piège dans lequel s’est enfoncée la gauche jospinienne, il était tendu depuis bien longtemps. Elle nous proposa une campagne qui n’avait rien de présidentielle. Essentiellement axée sur un bilan gouvernemental qui, par définition, ne s’adressait qu’aux français, cette campagne a oublié les ambitions de la France. Pour faire la nuance, le président doit représenter la voix de la France et les députés celles des Français or nous avons assisté à une campagne législative de la part du parti socialiste, ce fût une erreur de calendrier. Aujourd’hui, l’absence est flagrante, aucun des ténors socialistes ne semblait avoir pris la mesure de cette élection, n’est pas président qui veut être premier ministre… Erreur d’objectif.

L’attitude de Jacques Chirac en refusant le débat avec Jean-Marie Le Pen ne doit pas nous induire en erreur, il sait déjà que s’il est élu il ne pourra utiliser ni son score ni sa capacité de rassemblement. Cette élection ne sera pas la sienne. Il rassemblera certes, mais par défaut.

Par contre, ne tombons pas dans le prochain piège, ne continuons pas à croire les sondages qui donnent Jacques Chirac écrasant Jean-Marie Le Pen de ses 80% d’intentions de vote. les Français se sont exprimés une première fois, c’est ainsi que le veut la constitution mais il y aura bel et bien deux tours, ne feignons pas de l’oublier. La France est dans une situation inédite, le choix entre la droite et encore plus à droite est à faire.

La société française que je connais, dont je me revendique et dont je suis fier s’exprimera encore. Ses constituantes se doivent d’être au rendez-vous, ses fondamentaux se doivent d’être présents à l’esprit. Ceux qui ont oublié de voter au premier tour du scrutin ne doivent pas oublier le second, ceux qui regrettent amèrement de ne pas l’avoir fait doivent se souvenir de ces regrets, ceux qui sont fiers de l’avoir fait doivent le répéter. Tous les Français aujourd’hui s’interrogent, personne n’a de réponse, ni les instituts de sondage, ni les prétendants à l’Élysée ni les médias. S’ils vous disent le contraire, ne les croyez pas.

La France a besoin d’une réponse claire et forte et rien ne sert plus que de l’exprimer dans les urnes. Elle a besoin de cette réponse parce que c’est de nous qu’il s’agit. La France est notre pays, cette réponse doit être à la mesure de ce que nous voulons qu’il représente à nos yeux mais aussi à l’étranger.

Je conclurai en rappelant encore quelques fondamentaux. Nous vivons dans un grand, un beau pays où il fait meilleur être malheureux que dans la plupart des autres pays du monde. Nous vivons dans une démocratie, une vraie où le pouvoir nous appartient à nous le peuple, dans une république, une vraie où le pouvoir s’exerce par le peuple et pour le peuple. Ne l’oublions pas non plus.

Nous savons tous, en tant que français, que nous devons corriger les imperfections de ce système que nous sommes si nombreux à critiquer. Nous devrions tous savoir qu’il nous faut sans cesse nous avancer pour qu’il avance…

J’en appelle donc à tous mes compatriotes pour qu’ils s’expriment clairement, fortement et de façon indiscutable. La France ne se contentera pas, au lendemain du 5 mai, des chiffres après la virgule. Elle ne se contentera pas non plus de l’habituel taux d’abstention. La France a besoin de scores significatifs, faisons en sorte qu’elle les ait.

Vive la France mais surtout : Vivent les Français.

JdPB.

Publié par José
Champ libre... • (2) Commentaires • (0) TrackbacksPermalien


Page 1 sur 1 pages

Statistiques

Cette page a été vue 102279 fois
Page générée en 0.4833 secondes
47 requêtes effectuées
Le déboguage est en arrêt

Pour cette section :
Nombre d'articles : 79
Nombre de commentaires : 210
Nombre de trackbacks : 12
Dernier article le : 03/06/2007 13:10
Dernier commentaire le : 08/03/2008 20:14

Pour l'ensemble du site :
Nombre de membres : 3
Membres connectés : 0
Invités : 11
Anonymes : 0
Dernier visiteur le : 12/05/2008 07:55
Le maximum de visiteurs simultanés est de 86, atteint le 16/06/2007 09:10


Retour à l'accueil

Contacter l'auteur

Membres

Se connecter

Liste des membres

À propos

Ce blog me permet de m'exprimer ici en dissociant mon expression personnelle de celle de représentant de l'Association. Présentations faites, champ libre...

Recherche


Recherche avancée

Catégories

Archives mensuelles

Derniers articles

L'auteur

Mon profil Viaduc

Mon profil 6nergies