Samedi 11 Novembre 2006
Saddam Hussein : la loi des armes et de la demande

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Le débat sur la peine de mort ne mérite pas d’être posé. La peine de mort au sens où nous l’entendons n’a aucune mesure dans ce cas d’espèce. Tout d’abord Saddam Hussein n’est pas un criminel de droit commun, son procès est avant tout politique. Guy Sorman, dans ce billet, se réjouit de cette condamnation et s’affirme à cette occasion en partisan de cette peine capitale. Ses propos alambiqués en commentaire n’ôteront pas le malaise initié par ce billet.

Ainsi, l’on peut être un farouche opposant à la peine de mort mais dans le cas d’espèce de Saddam Hussein s’en sentir partisan. Venant d’un esprit aussi illustre, cela me semble en tant que simple citoyen lambda d’un commun… Pas matière à éclaircissement, là dedans. Saddam Hussein est-il coupable de faits exceptionnels ? Assurément de par son ex-statut de Chef d’État… La peine de mort pour les actes exceptionnels ? À quel moment commence l’exception ? Le meurtre d’enfant ? Le terrorisme ? L’excès de vitesse de plus de 50 km/h ou le vol de malabar chez le buraliste du quartier ?
Le seul mais entier argument qui vaille contre la peine de mort est son irréversibilité. Cet argument n’est pas moral ni idéologique, pas passionnel et il procure en outre une voie indispensable à une réconciliation nationale indispensable dans ces cas là : il n’efface pas l’histoire. Il laisse la possibilité de faire le point sur les évènements avec le principal témoin pour narrateur principal. Voilà pour la peine de mort en général et pour celle de Saddam Hussein en particulier.

Approfondissons toutefois. Le gouvernement irakien est un gouvernement de transition, quasiment d’exception généré par l’occupation américaine. La seule justice qui puisse être rendue dans ces circonstances est une justice d’exception. La validité de ce tribunal est sujette à caution tant il semble difficile de croire en son impartialité. Qu’eut-il donc fallu faire auparavant ? Le tuer ? Oui, ou plus exactement l’abattre.
Si les Américains, au lieu de fournir des preuves toutes plus fantasmatiques que les autres, des arguments mensongers au plus haut niveau de l’État et des motivations de la plus parfaite mauvaise foi avaient décrété qu’un des objectifs de leur guerre était l’élimination du dictateur, qui leur en aurait voulu plus qu’aujourd’hui ? Qui se serait alors opposé à la mort de Saddam Hussein plus qu’aujourd’hui ? Personne, probablement. Mais les mauvaises raisons conduisent toujours aux mauvaises décisions. Maquillé sous les oripeaux de la démocratie et du danger des armes de destruction massive cet objectif caché doit être dorénavant laissé à la soi-disant responsabilité du peuple irakien.

Qui sait si la majorité du peuple irakien souhaite sa pendaison ? Question secondaire ! Mais qui a intérêt à le voir disparaître à jamais avec les lourds secrets d’une trentaine d’années de manipulations occidentales au moyen et au proche orient ? Ses fournisseurs en armes et ses corruptions du programme « Pétrole contre nourriture » ? Tous les chefs d’état chez qui il a été reçu avec la dignité due à son rang mais qui aujourd’hui déroulent le tapis rouge à son ennemi juré d’alors, son voisin iranien ?
Le Tribunal Pénal International n’est-il pas en charge d’instruire ce genre de dossiers ? Sa peine maximale est malheureusement la prison à perpétuité, cela n’éviterait pas une longue et risquée enquête.
Quelques jours se sont écoulés depuis cette condamnation et plus personne n’en parle. Et pourtant c’est l’une des condamnations à mort contre laquelle il faudrait se soulever de tous les horizons. Parce que non seulement il s’agit d’un procès politique mais historique. Après cette pendaison il ne restera plus rien des archives historiques contemporaines de l’Irak. Il ne restera plus aucun dignitaire du régime, aucune institution officielle d’archives permettant de témoigner des évènements, manipulations diplomatiques et gesticulations commerciales et financières s’étant déroulées ces dernières années en Irak.
La condamnation à mort de Saddam Hussein est l’aveu de notre culpabilité dans le manque de transparence de cette sinistre farce qu’a été ce pan de notre histoire.

S’il devait être décidé que nous ne saurons jamais son fin mot l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Jeu de dupes.

N’en doutons pas : Saddam Hussein, en mourant, se rendra de plus coupable d’avoir gardé le silence. Ainsi est infligé le malheur au perdant.

L’avènement de la démocratie au Moyen Orient ne passe pas par la nôtre. Il passe jusqu’au bout par les armes.


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