Les orientations textuelles ne sont pas toujours un choix. Bien souvent elles résultent d’un état d’esprit, d’une façon de penser et d’affinités particulières difficiles à contrôler. Certains en arrivent même à penser qu’elles seraient innées. Ainsi on n’éprouverait pas un certain penchant mais l’on naîtrait textuellement orienté. Quant à moi, bien que totalement tolérant à ce sujet et acceptant quasiment toutes les différences, je ne peux m’empêcher de penser que certaines d’entre elles peuvent nuire à la santé. Surtout à celle des autres…
Tenez : les provocatophiles, par exemple. Pour les apprécier il faut souvent être capable de percevoir le deuxième degré des propos qu’ils tiennent. En effet, pourquoi dire ou écrire ce qu’ils disent ou écrivent alors qu’ils savent pertinemment ce que les autres leur répondront et leurs réactions ? Pourrait-on imaginer que leur préférence textuelle les aurait amenés, de façon naturelle voire incontrôlée, à susciter des réactions telles qu’elles démontrent par essence l’intolérance des provocatophobes ? Qui de la poule ou l’oeuf ?
De même pour les exégétophiles. Ceux-là n’en démordent pas : il faut toujours lire un discours en entier et même comprendre ce qui n’a pas été dit ou écrit. Les exégétophobes, eux, ne prennent que les propos qui leur arrangent et bien évidemment, de préférence, les sortent de leur contexte. On fait ainsi dire à quelqu’un, dans un cas comme dans l’autre, quelque chose qu’il n’a certainement pas voulu dire. Important ? Pas du tout, cela ouvre polémique et donne du grain à moudre aux provocatophiles et à leurs antagonistes, les provocatophobes.



