Koz est un voisin internetique que je prends toujours plaisir à lire, j’en éprouve même à son endroit une certaine « affection ». Je ne partage pourtant pas ses opinions, ce serait même plutôt le contraire mais j’apprécie sa franchise et son intégrité. Il est de droite et l’assume mais pas aveugle, il est croyant (et moi athée) et l’assume, il reconnaît bien volontiers ses erreurs ou emportements et les assume, etc. Tant de traits de caractère dont nombre d’érudits, dans leur suffisance, sont totalement dépourvus. C’est pourquoi j’aime le débat avec lui, par blogs ou par liste privée que nous fréquentons en commun. C’est vrai, je trouve plus intéressant d’entamer une conversation, un échange, avec quelqu’un dont les idées sont différentes, voire opposées. Je n’aime pas le conformisme ni, dans l’absolu, être conforté. Je suis un sceptique et par là-même je doute de mes propres opinions tant que je n’en ai pas démontré le bien-fondé. Je ne sais pas ce que sont des opinions extrêmes mais je peux être ce que l’on appelle un « radical ». Je ne crois que rarement en la “vérité” mais me base sur la réalité. Parce que les faits sont têtus et que les vérités ne sont qu’interprétations de ces faits, donc de la réalité. Koz adopte plus ou moins le même type de raisonnement, probablement teinté d’un degré de réflexion philosophique ou spirituel dont je ne dispose pas, mais toujours avec modération. J’apprécie cela. Mais ce billet n’a pas pour vocation de s’étendre sur sa personne qu’au demeurant je n’ai pas le plaisir de connaître si ce n’est par blogs interposés. J’aimerais plutôt introduire le débat sur son dernier billet : « Face au complot », basé sur sa lecture du livre « La société parano », de Véronique Campion-Vincent. Je précise immédiatement que je n’ai pas lu ce livre. Je ne vais donc pas, évidemment, me placer sur le champ de la critique de cet ouvrage mais sur celui du dialogue avec Koz.
Commençons par définir ce que sont conspirations et complots dans l’usage populaire où on les emploie actuellement, c’est à dire dans le registre des « théories ».
La « théorie de la conspiration » suppose qu’il existerait une organisation secrète influençant voire organisant tous les grands évènements afin d’atteindre l’objectif de son accession au pouvoir mondial. C’est de loin la plus ultime de ce genre de théories, c’est aussi celle où l’on trouve les délires les plus fantasmatiques. Koz, plus loin, se pose la question suivante : « Ne peut-on voir dans l’essor du conspirationnisme le pendant de la perte du sacré dans nos sociétés occidentales ? ». Il reconnaît toutefois que, bien que tenté par cette explication, cela puisse être contesté. En effet il relève très justement que les pays les plus ouverts aux théories conspirationnatistes sont aussi bien souvent ceux qui rassemblent le plus de croyants. C’est là une première divergence entre lui et moi. Je ne me pose pas la question de la perte du sacré car je considère que, bien au contraire, le religieux est en train de reconquérir le terrain qu’il avait perdu, et bien trop souvent sous ses formes les plus extrêmes qui soient, l’intégrisme et l’intolérance. Je crois aussi que la plus grande intolérance ne se manifeste pas entre les différentes religions mais envers ceux qui les refusent, les athées. Il devient aujourd’hui de plus en plus difficile d’affirmer les principes qui sous-tendent un tel raisonnement, pour s’exprimer clairement, que Dieu n’existe pas. Je remarque que bien souvent les athées sont moins virulents envers les croyants que l’inverse. L’histoire de Salman Rushdie, entre autres, en est le parfait exemple.



