Miguel Membrado a donc été condamné pour diffamation en première instance, condamnation dont il a fait appel. Bien évidemment la municipalité d’Asnières s’est aussitôt fendu d’un communiqué qu’a analysé Japarthur. Mais là n’est pas le sujet de ce billet. Non, le sujet de ce billet porte sur une révélation : les blogueurs auraient une “mission”. Si, si… Vous avez bien lu : une MISSION.
C’est un correspondant inconnu de moi jusqu’ici qui a déclenché chez moi cette illumination, cette révélation. Ben oui, que voulez-vous ? Jusqu’ici j’étais ignare, un sombre païen de la Toile. Et pour permettre la compréhension de cette renaissance, je vais vous en relater la genèse.
Le 31 mai dernier, ce correspondant m’a envoyé un courriel portant à ma connaissance non pas la copie de travail du jugement du TGI de Paris concernant Miguel Membrado mais le communiqué de la mairie d’Asnières. L’inverse n’aurait bien entendu pas agi en déclencheur de mon nouveau “statut”. Ce courriel m’informe aussi que, je cite, “ [ma] mission de blogueur est d’informer et d’éclairer les internautes sur la totalité des faits…” et donc que cette “mission” devrait me conduire à considérer que, je cite de nouveau, “...cette condamnation mérite un nouvel article sur [mes] pages web.”
Figurez-vous que je n’ai pas compris tout de suite la nature de ma tâche ni à quel point j’étais dans l’ignorance. J’ai donc répondu à mon interlocuteur qu’il était libre de placer un commentaire sur mes billets concernant cette affaire parce que je ne pratiquais pas la censure. Ignorant que j’étais alors encore…
Ignorant ? Pas seulement… Par retour de courriel, l’apôtre de la vérité m’intima de prendre la Voie de “l’honnêteté intellectuelle de rendre compte aux internautes de l’ensemble des faits.” Que c’était à moi et pas à lui en tant que commentateur, “de relayer la nouvelle information” qu’il m’avait transmis. Je n’avais pas encore pris la mesure de ce qui bouleverserait mes croyances… En effet, l’ “information” n’était pas le jugement mais le communiqué de Charles Caillet, le Maire-adjoint délégué à la Communication de Manuel Aeschlimann.
Répondant de nouveau à mon dorénavant nouveau guide spirituel, je lui expliquai la ténébreuse route qui était la mienne; que j’avais délibérément choisi de prendre le parti de mes deux amis Miguel Membrado et Bruno de Beauregard et que, comble de mon coté obscur, j’assumais cette partialité tout en exigeant de lui qu’il ne remette pas en cause mon honnêteté intellectuelle. Je lui signalais aussi qu’il n’avait pas présenté à quel titre il m’interpellait ainsi ni qui il était, hormis son nom, et que je faisais ce que bon me semblait chez moi. Ma conversion n’étant pas encore totale, je décidai alors de me renseigner sur mon nouveau porteur de Vérité.
C’est là que j’ai basculé du bon coté de la Force grâce à lui : en me renseignant à son sujet (il s’agit de Nicolas Cellupica) je découvris qu’il n’était rien moins que master de Droit économique, 4ère année et collaborateur parlementaire de Manuel Aeschlimann, Député-Maire d’Asnières sur Seine. Il semblerait aussi qu’il ait été recruté au sein du cabinet de ce dernier.
Voilà, tout est clair et lumineux et vous pouvez désormais comprendre le sens de ce billet.
Grâce à l’apôtre Nicolas Cellupica selon l’évangile de Saint Charles Caillet, je crois désormais en Notre Seigneur Manuel Aeschlimann.
Je ne suis donc plus un mécréant. Pourvu que ça dure…
C’est un parti antidémocratique où le seul courant qui existe est celui du chef pour le chef. Les divergences n’existent pas, les différences d’appréciation non plus. Un parti où le chef peut changer de propos ou d’engagements sans que ça ne provoque une seule réaction dans ses rangs. Un parti aux dirigeants violents et brutaux dans leurs pratiques politiques.
Un parti qui recrute ses nouveaux députés par pressions et menaces électorales. François Bayrou a très bien analysé ce danger de l’extérieur et auparavant Nicolas Dupont-Aignan l’avait subi. C’est un danger pour le pluralisme démocratique.
C’est un parti qui compte la quasi-totalité des grands dirigeants des médias. Un parti qui contrôle déjà tous les pouvoirs institutionnels mais aussi financiers. Un parti où toutes les limites de la déontologie et de l’éthique, de la vocation politique mais aussi et c’est bien plus grave de la démocratie ont été abolies. Un parti qui souhaite créer non seulement un pôle centriste, ce qui peut se comprendre, mais dorénavant aussi un pôle de gauche qui serait animé par un député débauché. Débauché en pleine campagne dans le seul objectif de déstabiliser l’adversaire le plus probable. Un parti qui absorbe ses concurrents pour les dissoudre dans la plus pure traduction d’une stratégie commerciale à la Microsoft. En contrepoint il s’agit d’un parti dont le président fut aussi nommé numéro deux du gouvernement au ministère de l’Intérieur, après une présence ininterrompue dans les exécutifs. Un parti issu du pouvoir qui « contrôle » non seulement le peuple par l’intermédiaire de son parti mais aussi toutes les forces de l’ordre du pays, y compris une force militaire comme la Gendarmerie. Un parti que Nicolas Sarkozy veut rendre unique. Il veut associer tout droit individuel à un devoir, qu’en sera-t-il du droit de vote ? On approche là dangereusement les bornes de la démocratie et de la liberté d’un peuple : la combinaison du parti unique et du vote obligatoire.
Le souverain n’est pas le Président mais le Peuple. Le calendrier électoral donne à l’élection présidentielle un poids tel qu’on doit se poser la question de savoir si l’on souhaite donner de nouveau tous les pouvoirs à l’UMP. Il faut inscrire ce second tour dans le même moment que les législatives. L’UMP doit être combattue en tant que telle, pas en combattant uniquement Nicolas Sarkozy à sa tête. Toute attaque contre sa personnalité sera repoussée par la stratégie de défense de l’UMP de la diabolisation.
Le danger d’une structure comme l’UMP est la concentration de tous les pouvoirs en un seul. La boite de Pandore a été ouverte par Jacques Chirac en permettant à un président de parti d’entrer au gouvernement à la place qui a été la sienne de surcroît. Il en porte évidemment l’écrasante responsabilité. Dans la forme qu’a pris L’UMP en tant que parti politique on comprend mieux l’enjeu national du prochain scrutin. L’État de Nicolas Sarkozy sera l’UMP.
Les électeurs indécis et centristes doivent aussi se poser la question suivante : voulons-nous accorder tous les pouvoirs à l’UMP en imaginant que Nicolas Sarkozy en garderait le contrôle direct ou indirect en cas d’élection ? En en connaissant le mode de fonctionnement et les pratiques ? C’est une question qui se pose au delà du PS, des partis à sa gauche et du centre.
C’est une question qui se pose à l’immense majorité des électeurs qui n’a pas voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour.
Les Chinois ont évolué en ouvrant la doctrine d’un parti unique antidémocratique au dogme d’un capitalisme national pratiquant un néo-libéralisme débridé inhumain. Les Français amorceraient alors la même évolution dans le sens contraire : le capitalisme national le plus inhumain et antidémocratique imposerait au Peuple son parti unique en concentrant tous les pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Toutes les dérives deviennent alors possibles, y compris les pires de l’Histoire.
Il ne s’agit pas ici de juger de la personnalité du candidat Sarkozy. Il est question d’imaginer ce que de telles concentrations de pouvoirs et de puissance peuvent produire comme résultat sur une Nation où les fractures sociales sont aussi fortes. Il est question de se demander quels seront les contre-pouvoirs indépendants qui subsisteront après l’élection de son chef.
François Bayrou, Nicolas Dupont Aignan ou Azouz Begag ont compris que ni Nicolas Sarkozy ni l’UMP n’en laisseront aucun.
Voilà l’enjeu du vote de ce second tour : nos contre-pouvoirs.
Les vraies questions : réflexion sur la campagne présidentielle.
Pour être pragmatique et recadrer le titre, cette analyse portera uniquement sur les candidats disposant de chances réelles d’accéder à la Présidence : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou. Pourquoi ne pas inclure Jean-Marie Le Pen dans cette réflexion ? Parce qu’en poussant plus avant ce pragmatisme et sans vouloir offenser quiconque, y compris au sein de son électorat, je partirai du postulat que ce dernier ne sera jamais élu président de la République. En effet, même en considérant que la défiance des Français envers leur classe dirigeante s’est renforcée, je ne vois pas comment les intentions éventuelles de vote en sa faveur au second tour pourraient être passées d’un peu moins de 20% en 2002 à plus de 50%. On peut donc, en toute bonne foi, estimer qu’une nouvelle accession à ce niveau de l’élection assurerait son adversaire de la victoire, quel qu’il soit (pour apporter toutefois une considération personnelle, il serait excessivement dangereux pour notre démocratie et pour l’opinion publique que Jean-Marie Le Pen ne dispose pas des signatures lui permettant d’officialiser sa candidature).
J’ai toujours estimé que la médiocrité de la campagne présidentielle de 2002 résidait dans le fait que les candidats avaient mené une compagne législative et non présidentielle. En effet, avec un électorat majoritairement tenté par l’alternance depuis plusieurs décennies, élaborer un programme à vocation intérieure relève au mieux de la naïveté, au pire du coup de poker électoral. Qui peut garantir l’exécution d’un tel programme en sachant que ce sera de nouveau aux Français de décider de la majorité parlementaire et que rien n’est assuré (cf la dissolution) ? Cette erreur, fondamentale dans l’esprit des Français même s’ils ne la ressentent que de façon diffuse, les deux candidats du PS et de l’UMP la commettent de nouveau. Le rôle du Président de la République en France quant aux affaires intérieures n’est pas de gouverner mais d’arbitrer. Le domaine qui lui est réservé est celui des relations internationales et il semblera évident à tout observateur de cette campagne que les positions de Nicolas Sarkozy comme celles de Ségolène Royal sont à ce sujet pour le moins floues. L’Europe constitue pour eux un terrain miné sur lequel l’un comme l’autre ne souhaite trop s’étendre tant le référendum du 29 mai 2005 a laissé des traces. Pourtant, la plupart des réglementations nationales est décidée à l’échelon européen. Comment gérer l’attitude française vis à vis de nos partenaires européens, des institutions européennes ? Personne n’y répond. Quelles seront les positions françaises vis à vis des conflits du Moyen-Orient ? Partagerons-nous les positions américaines futures quant à la gestion des crises et leur vision du monde ? Quelle place accorderons-nous à notre voisine russe ? Là non plus, nous ne disposons pas des réponses permettant un embryon d’idée sur la place de la France dans le monde. François Bayrou quant à lui dispose au moins sur ces sujets d’un avantage conséquent : la constance de ses convictions pro-européennes. Que l’on partage ou non son positionnement n’empêche pas de lui reconnaître cette stabilité. Il a, par exemple, toujours souhaité un renforcement européen des politiques internationale et de défense. Entre la politique étrangère de Ségolène Royal plus que floue et celle de Nicolas Sarkozy, incertaine mais plus proche de l’atlantisme que de l’indépendance européenne, François Bayrou apparaît à mon sens bien plus fiable aujourd’hui.
Le 25 avril 2002, entre les deux tours, j’écrivais ceci :
La France des Français.
Les gens qui me connaissent m’apprécient pour ma courtoisie, mon calme et surtout ma modération. Aujourd’hui est un jour particulier, je ne m’exprime pas sur un sujet personnel et c’est un exercice que je n’ai pas l’habitude de pratiquer, je ne sais si je saurai communiquer de cette manière, vos réactions me renseigneront, je l’espère. Je vais tenter d’aborder sans prétention un sujet sérieux de façon explicative, compréhensible et assortir mon analyse d’un message. « Je vais tenter » ai-je écrit… Je vais donc essayer de le faire en toute objectivité et avec l’espoir de votre compréhension. J’aurais pu me lancer dans une diatribe équilibrée ou une humoristique parodie mais j’ai choisi de ne pas le faire aujourd’hui parce que le sujet ne s’adresse pas à mes amis, aux gens qui me fréquentent et me connaissent, pas seulement. J’aimerais qu’il nous concerne tous.
Le premier tour des élections présidentielles françaises a eu lieu. A ce titre, surtout ne l’oublions pas, les Français se sont exprimés. Pour être plus juste, ceux qui ont voulu le faire l’ont fait. (Lorsque le peuple ne peut s’exprimer il se soulève, lorsqu’il ne s’exprime plus il prend le risque de la confiscation de ce droit.) Donc, ne nous voilons pas la face, nous nous sommes exprimés. Je n’ai pas peur de la société française, je la connais, en fais partie et en suis fier. Ça ne changera pas après le 5 mai. Cette société, que le Français s’ingénie à critiquer, n’aura pas changé en deux semaines d’élection présidentielle. La surprise, non feinte pour la plupart d’entre nous, était latente et nous le savions, ne soyons pas hypocrites. Les raisons de ce vote sont multiples, les pièges étaient nombreux et certains d’entre nous y sont tombés.
Le premier élément à constituer la particularité de ce vote fût la multiplicité des candidats. Cette multiplicité n’était pas un piège, au contraire. Elle a permis à tous les votants de trouver un bulletin de vote, d’entendre sa voix « proche » s’exprimer et accessoirement d’autoriser le vote « petit poucet » que les Français affectionnent tant.
Le premier piège fût l’acharnement dont ont fait preuve tous les médias à nous renseigner sur le deuxième tour : Jacques Chirac devant Lionel Jospin. La valse des troisièmes hommes pouvait commencer, la danse des candidats au troisième poste qui ne servirait à rien avait débuté. On se demanda même parfois s’ils dansaient en couples… Et cet acharnement fût si justifié que Jacques Chirac arriva bel et bien devant Lionel Jospin, trop devant même, entre les deux s’était intercalé Jean-Marie Le Pen. Aucun des instituts de sondage, aucune chaîne de télévision, aucun journal ne l’avait prévu. Nous étions si assurés du deuxième tour… Malgré tous les petits poucets présents nous étions sûrs du résultat.
La droite chiraquienne nous proposa une campagne essentiellement axée sur la sécurité, pain béni pour l’extrême droite. Deuxième piège auto-tendu ? Habituel pour la droite, me direz-vous mais n’exagérons rien non plus, les problèmes d’insécurité existent bel et bien. Le débat était nécessaire mais la promptitude de la droite à enfoncer la gauche sur ce sujet a produit un effet non recherché, ce fût une erreur de communication. Encore aujourd’hui elle s’exerce aux pamphlets contre la mauvaise cible, ce n’est plus ni la bonne heure ni le bon adversaire, qu’elle ne fasse pas de surcroît une erreur de cible.
Quant au piège dans lequel s’est enfoncée la gauche jospinienne, il était tendu depuis bien longtemps. Elle nous proposa une campagne qui n’avait rien de présidentielle. Essentiellement axée sur un bilan gouvernemental qui, par définition, ne s’adressait qu’aux français, cette campagne a oublié les ambitions de la France. Pour faire la nuance, le président doit représenter la voix de la France et les députés celles des Français or nous avons assisté à une campagne législative de la part du parti socialiste, ce fût une erreur de calendrier. Aujourd’hui, l’absence est flagrante, aucun des ténors socialistes ne semblait avoir pris la mesure de cette élection, n’est pas président qui veut être premier ministre… Erreur d’objectif.
L’attitude de Jacques Chirac en refusant le débat avec Jean-Marie Le Pen ne doit pas nous induire en erreur, il sait déjà que s’il est élu il ne pourra utiliser ni son score ni sa capacité de rassemblement. Cette élection ne sera pas la sienne. Il rassemblera certes, mais par défaut.
Par contre, ne tombons pas dans le prochain piège, ne continuons pas à croire les sondages qui donnent Jacques Chirac écrasant Jean-Marie Le Pen de ses 80% d’intentions de vote. les Français se sont exprimés une première fois, c’est ainsi que le veut la constitution mais il y aura bel et bien deux tours, ne feignons pas de l’oublier. La France est dans une situation inédite, le choix entre la droite et encore plus à droite est à faire.
La société française que je connais, dont je me revendique et dont je suis fier s’exprimera encore. Ses constituantes se doivent d’être au rendez-vous, ses fondamentaux se doivent d’être présents à l’esprit. Ceux qui ont oublié de voter au premier tour du scrutin ne doivent pas oublier le second, ceux qui regrettent amèrement de ne pas l’avoir fait doivent se souvenir de ces regrets, ceux qui sont fiers de l’avoir fait doivent le répéter. Tous les Français aujourd’hui s’interrogent, personne n’a de réponse, ni les instituts de sondage, ni les prétendants à l’Élysée ni les médias. S’ils vous disent le contraire, ne les croyez pas.
La France a besoin d’une réponse claire et forte et rien ne sert plus que de l’exprimer dans les urnes. Elle a besoin de cette réponse parce que c’est de nous qu’il s’agit. La France est notre pays, cette réponse doit être à la mesure de ce que nous voulons qu’il représente à nos yeux mais aussi à l’étranger.
Je conclurai en rappelant encore quelques fondamentaux. Nous vivons dans un grand, un beau pays où il fait meilleur être malheureux que dans la plupart des autres pays du monde. Nous vivons dans une démocratie, une vraie où le pouvoir nous appartient à nous le peuple, dans une république, une vraie où le pouvoir s’exerce par le peuple et pour le peuple. Ne l’oublions pas non plus.
Nous savons tous, en tant que français, que nous devons corriger les imperfections de ce système que nous sommes si nombreux à critiquer. Nous devrions tous savoir qu’il nous faut sans cesse nous avancer pour qu’il avance…
J’en appelle donc à tous mes compatriotes pour qu’ils s’expriment clairement, fortement et de façon indiscutable. La France ne se contentera pas, au lendemain du 5 mai, des chiffres après la virgule. Elle ne se contentera pas non plus de l’habituel taux d’abstention. La France a besoin de scores significatifs, faisons en sorte qu’elle les ait.
Vive la France mais surtout : Vivent les Français.
Saddam Hussein : la loi des armes et de la demande
Le débat sur la peine de mort ne mérite pas d’être posé. La peine de mort au sens où nous l’entendons n’a aucune mesure dans ce cas d’espèce. Tout d’abord Saddam Hussein n’est pas un criminel de droit commun, son procès est avant tout politique. Guy Sorman, dans ce billet, se réjouit de cette condamnation et s’affirme à cette occasion en partisan de cette peine capitale. Ses propos alambiqués en commentaire n’ôteront pas le malaise initié par ce billet.
Ainsi, l’on peut être un farouche opposant à la peine de mort mais dans le cas d’espèce de Saddam Hussein s’en sentir partisan. Venant d’un esprit aussi illustre, cela me semble en tant que simple citoyen lambda d’un commun… Pas matière à éclaircissement, là dedans. Saddam Hussein est-il coupable de faits exceptionnels ? Assurément de par son ex-statut de Chef d’État… La peine de mort pour les actes exceptionnels ? À quel moment commence l’exception ? Le meurtre d’enfant ? Le terrorisme ? L’excès de vitesse de plus de 50 km/h ou le vol de malabar chez le buraliste du quartier ?
Le seul mais entier argument qui vaille contre la peine de mort est son irréversibilité. Cet argument n’est pas moral ni idéologique, pas passionnel et il procure en outre une voie indispensable à une réconciliation nationale indispensable dans ces cas là : il n’efface pas l’histoire. Il laisse la possibilité de faire le point sur les évènements avec le principal témoin pour narrateur principal. Voilà pour la peine de mort en général et pour celle de Saddam Hussein en particulier.
Approfondissons toutefois. Le gouvernement irakien est un gouvernement de transition, quasiment d’exception généré par l’occupation américaine. La seule justice qui puisse être rendue dans ces circonstances est une justice d’exception. La validité de ce tribunal est sujette à caution tant il semble difficile de croire en son impartialité. Qu’eut-il donc fallu faire auparavant ? Le tuer ? Oui, ou plus exactement l’abattre.
Si les Américains, au lieu de fournir des preuves toutes plus fantasmatiques que les autres, des arguments mensongers au plus haut niveau de l’État et des motivations de la plus parfaite mauvaise foi avaient décrété qu’un des objectifs de leur guerre était l’élimination du dictateur, qui leur en aurait voulu plus qu’aujourd’hui ? Qui se serait alors opposé à la mort de Saddam Hussein plus qu’aujourd’hui ? Personne, probablement. Mais les mauvaises raisons conduisent toujours aux mauvaises décisions. Maquillé sous les oripeaux de la démocratie et du danger des armes de destruction massive cet objectif caché doit être dorénavant laissé à la soi-disant responsabilité du peuple irakien.
Qui sait si la majorité du peuple irakien souhaite sa pendaison ? Question secondaire ! Mais qui a intérêt à le voir disparaître à jamais avec les lourds secrets d’une trentaine d’années de manipulations occidentales au moyen et au proche orient ? Ses fournisseurs en armes et ses corruptions du programme « Pétrole contre nourriture » ? Tous les chefs d’état chez qui il a été reçu avec la dignité due à son rang mais qui aujourd’hui déroulent le tapis rouge à son ennemi juré d’alors, son voisin iranien ?
Le Tribunal Pénal International n’est-il pas en charge d’instruire ce genre de dossiers ? Sa peine maximale est malheureusement la prison à perpétuité, cela n’éviterait pas une longue et risquée enquête.
Quelques jours se sont écoulés depuis cette condamnation et plus personne n’en parle. Et pourtant c’est l’une des condamnations à mort contre laquelle il faudrait se soulever de tous les horizons. Parce que non seulement il s’agit d’un procès politique mais historique. Après cette pendaison il ne restera plus rien des archives historiques contemporaines de l’Irak. Il ne restera plus aucun dignitaire du régime, aucune institution officielle d’archives permettant de témoigner des évènements, manipulations diplomatiques et gesticulations commerciales et financières s’étant déroulées ces dernières années en Irak.
La condamnation à mort de Saddam Hussein est l’aveu de notre culpabilité dans le manque de transparence de cette sinistre farce qu’a été ce pan de notre histoire.
S’il devait être décidé que nous ne saurons jamais son fin mot l’on ne s’y prendrait pas autrement.
Jeu de dupes.
N’en doutons pas : Saddam Hussein, en mourant, se rendra de plus coupable d’avoir gardé le silence. Ainsi est infligé le malheur au perdant.
L’avènement de la démocratie au Moyen Orient ne passe pas par la nôtre. Il passe jusqu’au bout par les armes.
Mayetic : Aeschlimann m’aurait « tuer » (VII) Mais plus si affinités…
Les orientations textuelles ne sont pas toujours un choix. Bien souvent elles résultent d’un état d’esprit, d’une façon de penser et d’affinités particulières difficiles à contrôler. Certains en arrivent même à penser qu’elles seraient innées. Ainsi on n’éprouverait pas un certain penchant mais l’on naîtrait textuellement orienté. Quant à moi, bien que totalement tolérant à ce sujet et acceptant quasiment toutes les différences, je ne peux m’empêcher de penser que certaines d’entre elles peuvent nuire à la santé. Surtout à celle des autres…
Tenez : les provocatophiles, par exemple. Pour les apprécier il faut souvent être capable de percevoir le deuxième degré des propos qu’ils tiennent. En effet, pourquoi dire ou écrire ce qu’ils disent ou écrivent alors qu’ils savent pertinemment ce que les autres leur répondront et leurs réactions ? Pourrait-on imaginer que leur préférence textuelle les aurait amenés, de façon naturelle voire incontrôlée, à susciter des réactions telles qu’elles démontrent par essence l’intolérance des provocatophobes ? Qui de la poule ou l’oeuf ?
De même pour les exégétophiles. Ceux-là n’en démordent pas : il faut toujours lire un discours en entier et même comprendre ce qui n’a pas été dit ou écrit. Les exégétophobes, eux, ne prennent que les propos qui leur arrangent et bien évidemment, de préférence, les sortent de leur contexte. On fait ainsi dire à quelqu’un, dans un cas comme dans l’autre, quelque chose qu’il n’a certainement pas voulu dire. Important ? Pas du tout, cela ouvre polémique et donne du grain à moudre aux provocatophiles et à leurs antagonistes, les provocatophobes.
Autant l’affirmer tout de suite avant de prendre tous les quolibets possibles en plein retour : je suis un supporteur, certes non pratiquant mais tout de même. Le résultat de ce soir (1-1 contre la Corée du sud) m’afflige… Parce que j’osais espérer un sursaut, un démenti et une démonstration de la soi-disant talentueuse équipe de France de football. J’ai fait en retour une indigestion…
Une indigestion de Zidane, une indigestion de Domenech, une indigestion de Henry, une indigestion d’équipe de France championne du Monde… Parce que cette équipe était bel et bien indigeste.
Zidane ? Quelle est sa présence qui ne pourrait être assurée par un autre milieu de terrain ? Suspendu pour le prochain match, sortant en jetant son poignet-éponge quasiment à la tête de son sélectionneur ? Qu’a-t-il fait de bien sur le terrain à part assouvir son orgueil de footballeur ? S’être déclaré en retraite puis revenir après un rêve prémonitoire qui ne s’avèrera désormais pour lui probablement qu’une péripétie sportive des moins glorieuses mais éminemment juteuse financièrement ? Indigeste, disè-je… Le sens du pays, de la Nation ? Indigeste, répétè-je…
Domenech ? Il y aurait eu du mieux dans le jeu de ce soir selon lui… Ouf, heureusement ! Quelle déculottée on aurait pris sinon… M’enfin Raymond, cette équipe soi-disant solide n’a à aucun moment fait ses preuves pendant les qualifications… Il parait que c’était une période de rôdage ? Ben c’est un peu comme les gouvernements actuels alors… On a toujours les préparatifs mais jamais les résultats. Bon, c’est quand qu’on arrête de se foutre du monde ? Cette équipe n’est pas bonne, un point c’est tout. C’est pas ta faute Raymond, c’est la vôtre, elle est collective. Mais ta faute c’est de nous avoir fait accroire qu’elle serait championne du monde !
Henry ? Si j’étais mauvaise langue je dirais qu’il marque plus de buts quand sa fiche de paie comporte plus de zéros… Mais je ne suis pas de ceux-là, je suis de ceux qui considèrent qu’il n’est qu’un parmi onze sur le terrain.
Barthez ? Il n’a rien eu à faire toute la partie donc rien à en dire. Il ne peut rien faire sur le but encaissé, c’est déjà ça. Même pas une erreur d’arbitrage qui aurait pu lui coûter sa place après avoir craché sur l’arbitre. Non, décidément ce match n’aura même pas permis une telle action d’éclat. Vraiment indigeste ce putain de match…
Bon, maintenant soyons aveugles façon Domenech : nous sommes toujours vivants. C’est vrai que si nous découvrons des extraterrestres avant le dernier match, que George Bush trouve des armes de destruction massive en Irak et que Jésus a bel et bien eu sœurs, femmes et enfants, on peut imaginer retrouver l’équipe championne du monde 1998 contre le Togo.
C’est marrant quand même parce que, ce genre d’indigestion, je me la traine jusqu’au bout. Jusqu’au bout je veux croire que je ne suis pas malade en fin de compte. Que c’était juste un point de vue, qu’on ne me disait pas tout et que ce qu’on me cachait irait dans le bon sens… Comment ça le sport ne serait pas comme la politique ? Hein ? Ah pardon… Oui je m’égare… Z’êtes sûr ?
Koz est un voisin internetique que je prends toujours plaisir à lire, j’en éprouve même à son endroit une certaine « affection ». Je ne partage pourtant pas ses opinions, ce serait même plutôt le contraire mais j’apprécie sa franchise et son intégrité. Il est de droite et l’assume mais pas aveugle, il est croyant (et moi athée) et l’assume, il reconnaît bien volontiers ses erreurs ou emportements et les assume, etc. Tant de traits de caractère dont nombre d’érudits, dans leur suffisance, sont totalement dépourvus. C’est pourquoi j’aime le débat avec lui, par blogs ou par liste privée que nous fréquentons en commun. C’est vrai, je trouve plus intéressant d’entamer une conversation, un échange, avec quelqu’un dont les idées sont différentes, voire opposées. Je n’aime pas le conformisme ni, dans l’absolu, être conforté. Je suis un sceptique et par là-même je doute de mes propres opinions tant que je n’en ai pas démontré le bien-fondé. Je ne sais pas ce que sont des opinions extrêmes mais je peux être ce que l’on appelle un « radical ». Je ne crois que rarement en la “vérité” mais me base sur la réalité. Parce que les faits sont têtus et que les vérités ne sont qu’interprétations de ces faits, donc de la réalité. Koz adopte plus ou moins le même type de raisonnement, probablement teinté d’un degré de réflexion philosophique ou spirituel dont je ne dispose pas, mais toujours avec modération. J’apprécie cela. Mais ce billet n’a pas pour vocation de s’étendre sur sa personne qu’au demeurant je n’ai pas le plaisir de connaître si ce n’est par blogs interposés. J’aimerais plutôt introduire le débat sur son dernier billet : « Face au complot », basé sur sa lecture du livre « La société parano », de Véronique Campion-Vincent. Je précise immédiatement que je n’ai pas lu ce livre. Je ne vais donc pas, évidemment, me placer sur le champ de la critique de cet ouvrage mais sur celui du dialogue avec Koz.
Commençons par définir ce que sont conspirations et complots dans l’usage populaire où on les emploie actuellement, c’est à dire dans le registre des « théories ».
La « théorie de la conspiration » suppose qu’il existerait une organisation secrète influençant voire organisant tous les grands évènements afin d’atteindre l’objectif de son accession au pouvoir mondial. C’est de loin la plus ultime de ce genre de théories, c’est aussi celle où l’on trouve les délires les plus fantasmatiques. Koz, plus loin, se pose la question suivante : « Ne peut-on voir dans l’essor du conspirationnisme le pendant de la perte du sacré dans nos sociétés occidentales ? ». Il reconnaît toutefois que, bien que tenté par cette explication, cela puisse être contesté. En effet il relève très justement que les pays les plus ouverts aux théories conspirationnatistes sont aussi bien souvent ceux qui rassemblent le plus de croyants. C’est là une première divergence entre lui et moi. Je ne me pose pas la question de la perte du sacré car je considère que, bien au contraire, le religieux est en train de reconquérir le terrain qu’il avait perdu, et bien trop souvent sous ses formes les plus extrêmes qui soient, l’intégrisme et l’intolérance. Je crois aussi que la plus grande intolérance ne se manifeste pas entre les différentes religions mais envers ceux qui les refusent, les athées. Il devient aujourd’hui de plus en plus difficile d’affirmer les principes qui sous-tendent un tel raisonnement, pour s’exprimer clairement, que Dieu n’existe pas. Je remarque que bien souvent les athées sont moins virulents envers les croyants que l’inverse. L’histoire de Salman Rushdie, entre autres, en est le parfait exemple.
Piratage Musical (II) : réconcilier les sectaires avec le monde arabe, Orange Blossom
Et là où on écoute de la musique, de la vraie, moderne et qui pourrait réconcilier tous les intégristes avec l’universalité s’ils acceptaient de fermer les yeux quelques minutes… Le titre de l’album c’est “Everything must change”, les artistes “Orange Blossom"…
Bien sûr que je l’ai téléchargé illégalement, bien sûr que j’en suis ravi et que j’ai acheté ensuite l’album… Je me mets donc hors la loi en vous le faisant écouter, j’assume.
Mais c’est pour vot’z bon’zoreilles m’sieursdames…
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